The Watchmen

1985. Etats-Unis. Richard Nixon en est à son troisième mandat, le monde est au bord de la troisième guerre mondiale. Les superhéros ont été contraints de prendre leur retraite par les autorités. L’action commence lorsqu’Edward Blake est assassiné, défenestré de son appartement. L’homme était connu pour avoir été Le Comédien, ancien héros membre d’une équipe crée dans les années 40, les Minutemen, puis pour avoir fait partie des Watchmen. Rorschach, un de ses anciens équipiers qui vit très mal le fait d’être mis au placard, décide de mener l’enquête. Il renifle l’odeur d’un  complot visant à éliminer définitivement les superhéros restant.

L’album contient l’intégralité des épisodes U.S de la série Watchmen, scénarisée par Alan Moore et dessinée par Dave Gibbons.Le parti pris de ce comic est sombre et désespéré. Son découpage se fait sur une douzaine de chapitres (les douze coups avant minuit ndlr), séparés par des articles sur un des protagonistes. D’autre part, l’histoire est entrecoupée de flashbacks concernant le Comédien, et par le cargo noir, une histoire de piraterie que lit un jeune homme à côté d’un kiosque à journaux. L’aspect graphique est également très travaillé. Sans que cela saute aux yeux de prime abord, on se rend compte que toutes les pages sont construites sur un format identique. Il en résulte un vrai confort de lecture pour une histoire très complexe et dense. Ce système est poussé à son paroxysme dans les pages concernant Rorschach. Comme son masque, elles vont jusqu’à être symétriques. Tout cela, c’est pour la narration et la mise en image.

Le terme Watchmen fait bien évidemment référence au terme Watch, qui désigne la montre. Car c’est bel et bien une course contre la montre qui va se jouer, les héros menant l’enquête afin de tenter d’éviter l’inévitable. La réalité alternative décrite dans le comic est effroyable et désespérée, même si chacun des protagonistes a sa manière bien à lui de garder espoir. Moore se permet même des élans de poésie avec les scènes du Dr Manhattan sur Mars. Le terme Watch rappelle également la citation qui accompagne le lecteur tout au long du récit : Who whatches the Watchmen ? Ce n’est pas là la moindre des questions que pose Alan Moore. En effet, si les vigilantes œuvrent à la sauvegarde de l’humanité, à quel moment peut on dire qu’ils outrepassent leurs droits et qu’ils deviennent dangereux ? L’auteur pose également cette question dans V pour Vendetta, tout comme Frank Miller le fera dans son Dark knight returns, et plus tard Warren Ellis dans sa trilogie Black Summer, No Hero et Supergod.

Cette BD est un monument. Bien que fortement marqué par les années de guerre froide, elle reste d’actualité par les sujets qu’elle traite : la peur et la montée de la violence qu’elle engendre. Les superhéros y sont humains, bourrés de contradictions et de faiblesses, avec une noirceur d’âme importante. Un comic à lire absolument.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s