Black Summer

Quand on combat pour le Bien, jusqu’où peut-on aller ? Les Sept Armes combattent la corruption dans la rue. Mais la lutte est inégale et le champ de bataille, infini. John Horus sait ce qui est bon pour vous. Et il est déterminé à faire le Bien, que vous le vouliez ou non… quitte à plonger le pays dans le chaos. Le président va l’apprendre à ses dépens…

Comics, bloody comics …

Black Summer fait partie de ces comics subversifs, qui ne font ni dans le politiquement correct, ni dans la dentelle. Warren Ellis porte un regard sans concession sur l’Amérique post 11 Septembre, et fustige par là même occasion la politique de George W. Bush.

L’auteur ne fait pas dans la subtilité, le message est clair. Pour autant, il reste prudent, car même s’il pointe franchement du doigt la guerre en Irak, il fait de John Horus un fou idéaliste. Ainsi, au delà d’une simple prise de position personnelle sur le conflit irakien, il pose la question des moyens à notre disposition pour s’opposer à un gouvernement ou à une idée … En s’affranchissant de toutes les limites imposées par la morale, John Horus incarne parfaitement le paradoxe de celui qui commet des crimes au nom du Bien, actions qu’il est censé lui même condamner.

Le récit est fortement orienté vers l’affrontement et l’action. En privilégiant son propos et l’action, Ellis néglige un peu la profondeur psychologique de ses personnages. Ces derniers sont pourtant tous très intéressants, même si certains clichés ne sont pas évités (le héros à la retraite dépressif et alcoolique). Côté crayon, Juan Jose Ryp ne fait pas lui non plus dans la dentelle. L’artiste livre des planches dynamiques et réalistes, fourmillant de détails, parfois jusqu’à outrance. Certains cadres versent carrément dans le gore lors des scènes de batailles, et tout y passe : éventrations, démembrements, crânes qui explosent … Extrêmement détaillés (Ryp accorde autant d’importance à l’arrière plan qu’au premier, et à tout ce qui est représenté entre), les dessins peuvent à l’occasion paraître difficiles à lire, mais forment un tout cohérent avec le récit développé par Ellis. Il en résulte une homogénéité entre le fond et la forme qui donne un charme indéniable à Black Summer, et lui confère une atmosphère nihiliste et pessimiste. En cela, il se pose en digne descendant de Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons. Sans en atteindre l’excellence, il en est le digne héritier.

Black Summer est une vraie réussite, qui fait dans la provocation violente et le poitiquement incorrect. Les flots d’hémoglobine se mélangent avec une réflexion tonique. Le cocktail est explosif et le résultat sur papier est intense. Si vous avez aimé Watchmen et Civil War, Black Summer est fait pour vous !

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