No Hero

Josh, justicier de quartier tente de se faire repérer par le groupe de super-héros officiels, géré et dopé depuis des années par le scientifique Masterson. Cet organisme fut créé par un chimiste de génie, Carrick Masterson, dans les années soixante sous le nom de Levellers avant de se rebaptiser Front Line. Depuis des décénnies, il influe sur la politique mondiale, et ses membres sont génétiquement modifiés à l’aide d’une drogue, le FX7. Ils combattent le crime, protègent les innocents ou modifient le cours des guerres. Depuis peu, le groupe semble être la cible de vilains nettement plus forts que lui …

Law is not justice

Le duo qui officiait sur Black Summer se retrouve sur No Hero. Juan Jose Ryp au dessin signe des planches toujours très détaillées. Son style ne fait pas toujours l’unanimité, tant certains de ses cadres paraissent bordéliques, notamment lors des scènes d’action. Pour autant, il colle parfaitement à l’univers sombre mis en place par Warren Ellis. Le récit se prêtant à un traitement ultra-violent, Ryp s’en donne à coeur joie lors des séquences gore, ou les scènes d’hallucinations. Pas de doute, c’est bien le même sang qui gicle sur les pages de Black Summer … Outre l’aspect visuel violent, la relecture du mythe du superhéros par Warren Ellis classe No Hero parmi les lectures pour adultes.

Depuis Watchmen ou Dark Knight Returns, le questionnement sur le bien fondé des actes des superhéros se développe dans les comics. Le traitement des vigilante fait recette depuis des années, à travers les aventures du Punisher ou de crossovers comme Civil War. Warren Ellis en a fait son crédo, avec sa série The Authority et Black Summer. Au delà des paradoxes politiques et idéologiques qu’impliquent les actions de ces surhommes, No Hero met à mal le mythe du superhéros. Ici, ils ne doivent leurs capacités qu’à l’ingestion d’une substance psychotrope, le FX7. Cette drogue transforme physiquement et mentalement les sujets, et révèlent ainsi leur véritable nature. Ellis joue habilement sur cet artifice scénaristique novateur.

Car, comme son titre l’indique, dans No Hero, il n’y a pas de héros. Tous cachent un secret inavouable, Tous sont pourris, et si des civils doivent périr lors de leurs missions, et bien soit ! Ellis n’a rien perdu de son sens de la provocation. Une séquence parmi d’autres : un avion est sur le point de s’écraser, Josh intervient et empêche de justesse la catastrophe. Il apprend dans la foulée que l’engin fut délibérément saboté et les pilotes tués par ses équipiers, sous l’ordre de Masterson, afin de faire une opération com pour le révéler aux yeux de la population. Dans une Amérique encore traumatisée par le 11 Septembre, c’est assez culotté. Pas surprenant alors de comprendre par la suite que leur idéal d’héroïsme n’est qu’une vaste fumisterie !

No Hero est dans la droite lignée de Black Summer. Subversif, ultra violent et provocateur, il appuie là où ça fait mal. Il ne fait pas vraiment dans la finesse, que ce soit dans le propos ou le graphisme. Un comic book à réserver à un public averti.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s