Supergod

Les hommes ont tout fait pour voir voler les super-héros, allant jusqu’à créer de toutes pièces les dieux qui sauveront la race humaine. Mais personne ne s’est demandé comment ils s’y prendraient, ni même s’ils en auraient l’envie. Découvrez le récit de l’apocalypse ou quand les super héros reprennent à leur compte le crédo dangereux : la fin justifie les moyens.

Supergod clôt le tryptique de Warren Ellis sur les surhommes. Démarré en fanfare avec Black Summer et continué avec brio avec No Hero, l’auteur conclut brillamment sa trilogie.  La mini-série est scénarisée par Warren Ellis et dessinée par Garrie Gastonny.Le premier opus traitait du vigilante, du bien fondé des actes de ces héros agissant en dehors de toute influence politique ou morale. Le deuxième parlait de leur perte d’humanité et de leurs repères. Dans Supergod, Ellis ne s’intéresse pas tant aux surhommes qu’à leur puissance évocatrice. L’histoire démarre dans un Londres dévasté, en proie aux flammes, où un survivant, le Dr Reddin communique avec un certain Tommy, et lui relate sa version de l’histoire. Nous ne verrons jamais son mystérieux interlocuteur, parce que Tommy, c’est le lecteur, le seul que Reddin prend pour témoin. Il raconte comment les pays ont créé leur propre surhomme, en leur attribuant une dimension religieuse. Issus de la science, ces divinités modernes seront à l’origine de la fin de l’humanité.

Chaque pays a voulu créer son « Dieu » : l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Iran, l’Inde, la Chine et la Russie. Bien entendu, il est illusoire de croire qu’on peut contrôler une divinité. Ces surhommes agiront selon leur volonté propre, jusqu’à impacter l’évolution du monde. L’exemple le plus parlant est celui de Krishna, surhomme indien qui réduit de 90% la population en Inde et rase des villes afin de purifier le Gange et faire de son pays un mini paradis. Dès lors, chaque pays tente d’apporter sa réponse à cet évènement et chaque « Dieu » suivra ses propres desseins. La fin du monde est en marche, et c’est le Dr Reddin qui analyse les erreurs et relate les faits pour nous. Au niveau du dessin, ce n’est pas Juan Jose Ryp qui accompagne Ellis dans son brûlot contre la politique et la science, mais Garrie Gastonny. Même si les planches ne sont pas transcendantes, elles gagnent en lisibilité. Du coup, les dessins servent le rythme relativement posé du récit. Sans être révolutionnaire, le dessin de Gastonny reste agréable à l’œil.

Avec Supergod, Warren Ellis conclut en beauté son triptyque sur les surhommes. Moins violent que les deux précédents chapitres, il n’en reste pas moins contestataire et provocateur. Ce n’est peut être pas toujours très subtil, mais c’est toujours malin. Pas de doute, on lit bien du Warren Ellis.

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