Heroes – Le temps d’une éclipse

A moins d’habiter sur la planète Mars (et encore), il ne vous aura pas échappé que les comics font l’objet d’un véritable engouement. Depuis la sortie du Spiderman de Sam Raimi en 2002, ils bénéficient d’un net regain d’intérêt. Les studios de cinéma produisent des blockbusters superhéroïques à la pelle, le point d’orgue étant la sortie en 2012 de Avengers. Le petit écran n’est pas en reste, et lui aussi a succombé à la mode des comics. Malgré le fait qu’il ait été le premier média à s’intéresser aux comics avec les séries Wonder Woman et L’incroyable Hulk, son succès dans ce domaine semble pourtant beaucoup plus mitigé. Voici un état des lieux des séries live portant sur les superhéros. De toutes les séries diffusées à la T.V, Heroes est sans conteste celle qui a le plus fait parler d’elle.

Absents pendant des années du monde télévisuel, les superhéros débarquent avec Heroes, le Show TV de Tim Kring. La série a tout pour ravir les amateurs de comics. Suite à une éclipse, différentes personnes dans le monde se voient dotées de capacités extraordinaires. Un scientifique du nom de Mohinder Suresh reprend les recherches de son père sur le sujet. Le phénomène s’étant donc reproduit, il décide de répertorier et retrouver tous ces individus. Mais il n’est pas le seul : l’un d’entre eux les traque pour s’accaparer leurs pouvoirs. Aussi, ces nouveaux héros doivent apprendre à travailler ensemble pour sauver le monde d’une explosion qui causera sa perte. Composée de quatre saisons, la série démarre en trombe avec une première année tout simplement excellente.

Flashbacks, flashforwards … L’histoire est riche, ornée par une galerie de personnages tous plus intéressants les uns que les autres. A l’instar de la fameuse réplique « Save the cheerleader, save the world », certains deviennent instantanément cultes : Hiro Nakamura, Claire Bennett ou encore Sylar. Résolument comics, la série se pare d’atours ravissant les fans : sous-titres très BD, dessins omniprésents par le biais des comics que lit Hiro ou les peintures d’Isaac Mendez. La saison 1 est une bénédiction pour les amateurs du genre. Heroes envahit les médias et atteint des sommets. Plus dure sera la chute … La saison 2 est amputée d’une partie de son intrigue en raison de la grève des scénaristes à Hollywood. Dès lors, ça devient du grand n’importe quoi. La série tombe dans des travers allant de la surmultiplication des personnages à des intrigues sans réel intérêt. Je pense notamment à l’aparthé moyenâgeuse de Hiro bien trop longue et … inutile. La série ne s’en remettra jamais totalement, et si la saison 3 s’avère (à peine) meilleure, elle reste symptômatique des atermoiements des auteurs. Sylar, méchant culte (brillament interprété par Zachary Quinto) catalyse ces inquiètudes. Il oscille régulièrement entre serial killer sans pitié et pauvre enfant perdu qui a peur de se retrouver tout seul. La série ne sait plus quoi faire de ses personnages et ça se voit.

La saison 4 est celle qui clôture le show. Le niveau est franchement relevé, sans toutefois atteindre les sommets de la saison 1. L’histoire redevient intéressante, et lorgne allègrement du côté de X-Men. Les superhéros font ouvertement face à l’intolérance, et proclame leur droit à la différence. Alleluia ! En guise de Magnéto, nous avons Samuel, un mutant directeur de cirque itinérant à la recherche de la terre promise. Il tente de regrouper le maximum de ses congénères autour de lui. Le bad guy de ce dernier chapitre est incarné par l’excellent Robert Knepper, que vous avez sûrement vu dans Prison Break (le tueur en série du groupe, c’était lui). L’apport de l’acteur au personnage est immense, et offre à la série un méchant enfin digne du Sylar de la première saison. Les ressemblances entre ces deux chapitres ne s’arrête pas là, puisqu’ici aussi, ils devront écarter une menace qui plane sur toute la saison. La trame scénaristique et le dénouement ne sont pas sans rappeler les premières heures glorieuses du show.

Heroes est l’exemple type de la série qui a tout connu. Son excellente entrée en la matière lui aurait permis de s’inscrire dans le panthéon des grandes séries.  Malheureusement, ce fut suivi d’un vide abyssal, à tel point que Tim Kring lui-même s’excusa publiquement. Elle se conclut donc sur une très bonne quatrième saison, mais trop tardive. Les auteurs avaient pourtant prévu un cinquième chapitre intitulé Brave New World, mais il restera dans les placards. Dommage ?

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