L’univers Ultimate : l’heure de mon bilan

Ce qui va suivre n’engage que moi. Je ne suis pas un fin connaisseur des versions Ultimate, ce qui ne m’empêche pas de livrer mon sentiment dessus. A la lecture d’Ultimatum en Marvel Deluxe, il m’est donc venue l’idée de tirer un premier bilan en ce qui concerne l’univers Ultimate. Je l’avoue, je n’ai jamais été pleinement convaincu par le concept. Pour rappel, les séries Ultimate avaient pour but d’attirer de jeunes et nouveaux lecteurs vers les comics. L’idée était de leur proposer un reboot complet des aventures de Spiderman, des X-Men, des 4 Fantastiques et des Vengeurs, en s’affranchissant de plusieurs décennies de continuité des séries originelles.

Ce qui me frappe le plus au final, c’est l’apparente inutilité de l’univers Ultimate. D’après ce que j’en sais, c’est un échec relatif dans la mesure où le lectorat visé n’a pas vraiment répondu présent à l’appel. La majeure partie de ceux qui lisent les séries Ultimate sont ceux qui lisaient déjà les comics. Le profane en la matière préfère se référer à l’expérience de passionnés (à mon humble avis à juste titre). Les forums pulullent de questions de néophytes demandant fébrilement par où commencer. La réponse est rarement : les séries Ultimate. Il est plus souvent conseillé de se tourner vers des intégrales, des Deluxe ou de reprendre les parutions en kiosque à l’occasion d’un crossover ou d’un redémarrage d’une série au #1.

Aussi, je pense que les héros n’y ont pas le temps de vivre. Ce sentiment s’accentue avec la déchéance de la série Ultimates, que je portais aux nues à ses débuts. Cette série me semble révélatrice du mal qui ronge cet univers, à mes yeux. Au départ, ce qui faisait le succès de la série était sa réactualisation chronologique (on y parle de l’Afghanistan, de l’Irak, ou de l’altermondialisme), et la relecture adulte de ses personnages. Ils étaient bien écrits, et bénéficiaient d’une profondeur psychologique qui ne demandait qu’à être exploitée par la suite. Les difficultés d’adaptation de Steve Rogers, les problèmes du couple Hank Pym/Janet Van Dyke, les revendications écologistes de Thor en sont des exemples. Les intrigues prenaient le temps de se développer sans sacrifier au spectacle. En plus, Nick Fury troquait sa tête de David Hasselhoff contre celle de Samuel L. Jackson ! Là, les auteurs avaient réussies à faire du neuf avec du vieux. Ce devait être trop « adulte » pour attirer un public nouveau certes, mais surtout plus jeune. Aussi, tout va trop vite. Aujourd’hui, une série peut se planter en trois mois. Tout se fait donc dans la surenchère, au détriment de la crédibilité. Qui a parlé d’Ultimatum ?

 J’avais à l’époque tenté l’aventure avec Ultimate Spiderman volume 1 en Marvel Deluxe à sa sortie. j’avoue avoir été très déçu. Je sens que je ne vais pas me faire que des amis sur ce  coup là ! Entre les origines connues par coeur et rabâchées sans cesse qui n’ont même pas été modifiées et les personnages identiques, j’avais le sentiment de rererererelire le même Spiderman. Les seules différences étaient marquées par le look du Bouffon Vert, l’utilisation de téléphones portables et l’allusion à l’importance d’utiliser des préservatifs par Tante May (sic !). Pourquoi ne pas avoir opéré une refonte (quasi) totale des personnages et de leurs origines dès le départ ? Mark Millar l’a bien fait avec Ultimates, avec succès. Cela aurait en plus distingué en profondeur les séries classiques et les alternatives. Moderniser un personnage et son costume ne suffit pas. Pourquoi avoir réécrit un Peter Parker, si c’est en plus pour le remplacer aujourd’hui par le jeune Miles Morales ? Et encore, l’obtention des pouvoirs est la même parce qu’il se fait piquer par une araignée ! Si tout le monde avait eu un insecticide dans sa poche, il n’y aurait jamais eu de Spiderman ! C’était si compliqué de créer Miles Morales d’entrée de jeu (avec son très beau costume en plus), et d’en faire un Spiderman mutant ?

En ce qui me concerne, le concept Ultimate n’avait d’intérêt que si les auteurs avaient fait la part belle à la nouveauté. Quitte à briser le sacrosaint tabou des origines intouchables. Millar avait entrouvert la porte, Marvel l’a vite refermée.

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2 réflexions sur “ L’univers Ultimate : l’heure de mon bilan ”

  1. Exactement. Du coup, le problème se reposera bientôt, si toutefois l’univers Ultimate survit une soixantaine d’années (ce n’st pas gagné là ^^). A ce compte là, il aurait mieux valu modifier plus en profondeur les origines et les personnages, histoire de donner au moins une impression de lire quelque chose d’autre. Parce que quitte à recréer une continuité autant qu’elle diffère, tout en gardant un semblant de crédibilité et de cohérence.

  2. Je n’ai jamais été convaincu par la version Ultimates du Marvelverse.
    En faisant table rase de la continuité de la Terre 616, elle s’en forge une nouvelle au cours des années, ce qui revient en fait à créer un univers parallèle tout aussi difficile d’accès au profane, finalement.

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