Batwoman : Elégie pour une ombre

Batwoman arpente les rues de Gotham afin d’enquêter sur ce qui agite les douze clans du crime. Les adeptes du culte qui a tenté de l’assassiner s’apprêtent à accueillir leur nouveau maître.

La série était parue de Août 2009 à Février 2010, dans Detective Comics #854-860, scénarisée par Greg Rucka et dessinée par J.H Williams III.

L’histoire contée par Greg Rucka revient sur les origines de Kate Kane, alias Batwoman. Même si le seigneur de Gotham est absent du récit (hormis lors d’une courte entrevue, son ombre plane. Comme Batman, l’héroïne a perdu sa mère assassinée. Comme lui elle possède un Alfred en la personne de son père qui assure entraînement, logistique et soins. Comme lui, elle est vêtue de noir et arbore une chauve-souris sur la poitrine. L’intrigue se compose de deux parties parallèles. L’une concerne l’enquête, classique et efficace. Ce n’est pas révolutionnaire, mais ça fonctionne. On pourrait sourire devant la facilité des auteurs de lui opposer une méchante qui rappelle fortement le Joker. D’autant plus que le twist final est un peu gros … La seconde partie, autrement plus audacieuse, s’attarde sur les origines du personnage. Plus humaine, l’histoire suit l’évolution de la jeune Kate, qui devient adolescente, puis femme. Une Kate fille de militaire, qui découvre sa sexualité lesbienne, et l’incompréhension d’une partie du monde qui l’entoure. Le thème de lhomosexualité est abordé en finesse, sans séquences caricaturales. Pour autant, le fait qu’il y soit fait référence tout au long du récit donne parfois le sentiment que l’auteur appuie un peu trop dessus. Quoiqu’il en soit, il convient de saluer le travail de Greg Rucka sur le sujet.

Côté dessins, c’est J.H. Williams III qui se charge des planches. Leur découpage est très dynamique et explose les cadres. C’est ce qui m’a donné envie de lire ce comic book à la base. Parfois, ça donne la sensation que c’en est trop, certaines pages étant quelque peu fouillies. Cela concerne notamment les séquences de combat. En revanche, pour les flashbacks, le style est plus posé, plus académique. Il caresse les personnages qu’il dessine et, à l’instar de Greg Rucka, apporte plus d’humanité à la future Batwoman. Cette opposition de style au sein du même récit appuie le contraste entre la jeune fille de militaire et la justicière sombre et violente qui hantera les rues de Gotham.

Batwoman : élégie pour une ombre n’est peut être pas parfait, la faute à quelques facilités qui le plombent un peu. Cependant, il fait partie de ces lectures dont on se rappellera longtemps. Les thèmes qui y sont abordés sont traités avec sincérité, et les personnages sont forts. Derrière le masque, il y a une femme, et je suis enchanté d’avoir fait sa connaissance.

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