Bloodsilver, de Wayne Barrow

XVIIème siècle : les Broucolaques – comprendre les Vampires – débarquent nuitamment dans le Nouveau Monde. Ce n’est pas le rêve américain qui débute mais plutôt une idylle du temps des ombres, au fort goût de sang et à la brillance à peine ternie de l’argent.
Très rapidement les Brookes, comme les colons prennent l’habitude de les appeler, organisent un convoi qui s’ébranle vers l’Ouest à la conquête d’une terre où poser leurs canines. Mais la route est longue et semée d’embûches car leurs ennemis de la confrérie des chasseurs (une sorte de Ligue des héros avant la lettre) ont bien l’intention d’appliquer au pied de la lettre leur devise : trouver son coeur et tuer la bête car ils sont légion.

L’argument initial du roman de Wayne Barrow n’est en fait qu’un prétexte pour revisiter le mythe américain et quelques unes de ses figures emblématiques : les frères Earp, Doc Holliday, Mark Twain, Billy le Kid, les frères Dalton. Je suis sûr que ces quelques noms suscitent des frissons nostalgiques chez bon nombre d’anciens spectateurs de cette émission des années 1980 qui s’appelait La dernière séance et autres amateurs de westerns.
Toutes ses figures de l’Histoire des Etats-Unis et les icônes du western sont invoquées et jouent un rôle qui n’est pas totalement celui que nous leur connaissons car l’auteur se les approprie afin d’en faire les acteurs d’une épopée qui ne fait pas l’économie d’une certaine authenticité, malgré ses réminiscences fantastiques. Le récit puise avec générosité aux sources du mythe du Far West, quelles soient littéraires ou cinématographiques. Le lecteur averti s’amusera beaucoup à repérer les références et clins d’oeil parsemant le récit.

Avec une telle matière, on pouvait craindre que la narration ne soit un vrai capharnäum. En les organisant chronologiquement, Wayne Barrow jongle aisément avec les multiples fragments d’histoires personnelles qui composent sa fresque. Il livre des tranches de vies successives. Il donne ainsi un sens à son histoire d’âmes errantes en Amérique en faisant débuter celle-ci par l’arrivée des Brookes, ces pâles Riders fantômatiques, dans le Nouveau Monde et en l’achevant par leur retour dans l’Ancien Monde pendant la Première Guerre mondiale. Ainsi, la boucle est bouclée. Mais il se dégage à la fin de la lecture une légère impression de rester sur sa faim. En effet, les « nouvelles chronologiques » ne sont pas d’égale qualité : certaines laissent de marbre quand d’autres sont carrément excellentes (les Dalton, Doc Holliday). Ce sentiment ne concernera que les fans de fantastique pur et dur en général, et de vampires en particulier.

P.S : le pseudonyme de Wayne Barrow cache en réalité deux auteurs français.

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