Légende, de David Gemmell

Ses exploits sont connus de tous. Surnommé le Capitaine à la Hache lors de ses plus grandes batailles, il aurait pu devenir riche en tant que mercenaire… Au contraire, fuyant la célébrité, il a choisi de vivre retiré loin des hommes, perché au sommet d’une montagne glacée. Il a remisé son arme, vivant reclus, se contentant de la compagnie de quelques léopards des neiges. Il attend patiemment son ennemie de toujours : la Mort. Dros Delnoch est une forteresse imprenable. Passage indispensable à la frontière de deux mondes, c’est l’ultime limite qu’une armée doit impérativement franchir si elle veut envahir l’Empire drenaï. Protégée par six remparts, elle est la place forte mythique. C’est aussi le dernier foyer d’une résistance désespérée, car tous sont déjà tombés devant l’envahisseur nadir. Il lui faudrait un atout déterminant, un chef charismatique : Druss, le vieux guerrier.
Quand Conan rejoint Fort Alamo, un demi-million d’envahisseurs barbares face à huit mille guerriers barricadés… Druss pourra-t-il faire la différence ? Deux mains ancrées à une hache pour empêcher une tragédie…

Lire Légende, c’est accepter de se laisser porter par un souffle épique et guerrier pendant 500 pages. C’est linéaire, certes, mais décoiffant et mené tambour battant. Dans sa première partie, Gemmell pose ses personnages, installe chez eux un certain charisme, le non moins imposant étant celui de Druss. Véritable montagne de muscles d’une soixantaine d’années, le colosse est un guerrier avide de victoires et de combats. Mais sous cette apparence de guerrier légendaire et immortel, il subit comme tous les affres du temps. C’est serein qu’il attend d’être emporté à son tour par sa fidèle compagne de toujours, la mort. La seconde partie quant à elle, est exclusivement consacrée au siège acharné de la forteresse de Dros Delnoch. Aucun temps mort. Les combats sont légion, les membres sont tranchés, les épées tailladent les chairs et les braves tombent.

Gemmell connaît et maîtrise parfaitement les codes du genre et les applique avec un talent incontestable. Légende est peuplé de personnages aux traits de caractères appuyés, réservant quelques surprises dans leur traitement. C’est le cas de Druss, Rek voire Orrin, mais surtout d’Ulric. Ce dernier, pouvant être considéré comme un tyran sanguinaire au début du roman, s’avère être un stratège soucieux des codes de la guerre, pourvu d’une certaine noblesse morale. On est bien loin du cliché du chef barbare et sanguinaire. Loin d’être de simples prétextes à des élans guerriers pour amateurs de conflits virils et barbares, les personnages de Gemmell se construisent au fur et à mesure du récit. Les évènements détermine les hommes, les hommes font l’histoire. Certes, il ne faut pas chercher de subtilité dans Légende. Mais cette histoire de combat perdu d’avance, ces actes de bravoure désespérés de Druss et de ses frères d’arme luttant contre la fatalité, confère aux personnages une dimension mythologique, faisant résonner chez le lecteur des échos qui le pousse à suivre cette aventure finalement captivante.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s