World War Z, de Max Brooks

Sachez-le, une épidémie terrible a ravagé la planète. Partie d’Asie, elle s’est propagée comme une peste à travers le monde entier et a failli causer l’extinction de l’espèce humaine. Pire que la Peste Noire, car dans celle-ci, les morts ne se relevaient pas. Et ainsi a eu lieu la première guerre Z ou World War Z. Tous les états du monde ont dû faire face à la menace zombie et tout ce qui en découla. Dans ce livre, l’auteur, en mission pour ce qui reste de l’ONU, a fait le tour du monde, du Chili à l’Antarctique, du Québec à la Palestine. De ce voyage, il a rapporté les témoignages inestimables des survivants, de ceux qui ont vécu la guerre contre les Z. Un témoignage oral de toute une époque, de tout un cauchemar.

Sous une couverture sobre se trouvent 400 pages d’entretiens et de témoignages de survivants, de ceux qui, au final, ont fait l’Histoire. Rapporter simplement des faits s’étant déroulés pendant une guerre contre des zombies paraît de prime abord assez simpliste. En effet, le genre (l’invasion du monde par les morts vivants) a été maintes fois rabaché, le traitement (interviews et témoignages) n’est pas nouveau. L’association des deux est une vraie réussite. L’auteur crée un vaste tissu de témoignages tous plus excellents (et crédibles) les uns que les autres. Il développe, au fur et à mesure des faits relatés par les intervenants, une sorte de réalité alternative, tant et si bien  que le lecteur finit par admettre que l’Histoire s’est réellement produite. Chaque témoin est crédible, présenté qu’il est avec ses obsessions, ses préjugés, ses espoirs et ses regrets.

De fait, un impressionnant sentiment d’authenticité se dégage de World War Z. Qu’il s’agisse du témoignage d’un médecin chinois qui découvre le début de l’épidémie, de celui d’un soldat ukrainien qui apprend le vrai sens du mot liberté ou de celui d’un soldat chargé avec son bataillon de nettoyer les catacombes dans Paris, on passe du bouleversant au fantastique, mais le tout reste d’une cohérence sans faille. Il faut dire que le livre regorge de bonnes idées. Max Brooks ne se contente pas d’évoquer les horreurs de cette guerre et ne se limite pas aux zombies, mais se focalise sur l’humain, sur ce vécu d’hommes et de femmes confrontés au pire, et s(attarde sur les conséquences humanitaires et géopolitiques de l’épidémie au niveau mondial.

A ce sujet, il est fascinant de voir l’auteur redessiner la carte du monde avec aisance et crédibilité, tant il porte une analyse critique sur la nature de l’homme et de son devenir. Au travers de quelques fulgurances, il nous décrit une Corée énigmatique et fermée sur elle-même, nous parle de ces hommes célèbres ou non, révélant leur(s) valeur(s) dans cette période de conflit. Il nous détaille toute la logistique nécessaire au plan de survie de l’espèce humaine, nous révèle les décisions qui ont été prises au plus haut niveau. Au lendemain des évènements, l’empire russe renaît, Cuba émerge comme une puissance mondiale. Le récit est fascinant et on y croit. Aussi fou et étrange que cela soit, on y croit. Voilà ce qui fait de World War Z un livre incontournable, pas uniquement destiné aux amateurs de la mort qui marche.

 

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