Neverwhere, de Neil Gaiman

Une rue de Londres, un soir comme un autre. La jeune fille gît devant lui sur le trottoir, face contre terre, l’épaule ensanglantée. Richard la prend dans ses bras, elle est d’une légèreté surprenante. Et quand elle le supplie de ne pas l’emmener à l’hôpital, il a le sentiment de ne plus être maître de sa volonté. Dès le lendemain, elle disparaît et, pour Richard, tout dérape : sa fiancée le quitte, on ne le connaît plus au bureau, certains, même, ne le voient plus… Le monde à l’envers, en quelque sorte. Car il semblerait queLondres ait un envers, la « ville d’En Bas », cité souterraine où vit un peuple d’une autre époque, invisible aux yeux du commun des mortels. Un peuple organisé, hiérarchisé, et à la tête duquel les rats jouent un rôle prépondérant. Plus rien ne le retenant « là-haut », Richard rejoint les profondeurs.

Neverwhere est une œuvre originale, révélant tout le talent de son auteur. L’intrigue aux accents burtoniens est passionnante. Neverwhere conte la rencontre de deux mondes : celui du réel et celui de l’imaginaire. Richard Mayhew mène une vie tranquille, trop : nouveau travail bien rémunéré, petite amie ravissante et snobinarde. Il s’adapte à la ville Londres. Jusqu’au jour où son existence bascule lorsqu’il vient au secours de Porte. Leur rencontre va lui ouvrir les portes d’un autre monde, et sera le point de départ de son voyage intiatique. Ce qui fascine alors, c’est la manière qu’à Gaiman de façonner la capitale anglaise. Il redessine la carte de Londres, jouant autant sur les noms des stations de métro qu’en faisant appel aux plus célèbres auteurs anglosaxons, tels William Shakespeare ou Lewis Caroll. La capitale anglaise regorge de passages secrets, d’accès inconnus à un monde sous-terrain. Cette approche n’est pas sans rappeler un chef d’oeuvre cinématographique du genre (certes plus marqué par la culture manga) : Dark City d’Alex Proyas.

Neil Gaiman entraîne le lecteur dans un univers peuplé de créatures féériques, de monstres, d’humains aux capacités surprenantes. La galerie de personnages qui anime le récit est follement originale, et chaque protagoniste attise la curiosité du lecteur. Mention spéciale pour Croup et Vandemar, les deux tueurs lancés aux trousses de Porte et Richard. Le duo est impitoyable, cruel et sadique, mais surtout mortellement drôle. L’intrigue est menée sans temps mort. Oscillant entre humour et noirceur, réalité et magie, elle ne laisse aucun répit au lecteur qui ne s’ennuie jamais. Gaiman sollicite notre imagination à longueur de pages pour notre plus grand bonheur. La ville d’en bas recèle bien des mystères, que le lecteur aura à coeur de percer avec la même détermination que Richard Mayhew.

D’inspiration cinématographique (Gaiman est scénariste de comics et de films), Neverwhere est un roman de fantasy urbaine excitant, imaginatif, novateur. Prenez le métro direction la ville d’en bas, et embarquez pour un voyage hors du commun.

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