Salem, de Stephen King

Le Maine, 1970. Ben Mears revient à Salem, s’installer à Marsten House, inhabitée depuis la mort tragique de ses propriétaires, vingt-ans auparavant. Mais très vite, il devra se rendre à l’évidence : il se passe des choses étranges dans cette petite bourgade. Un chien est immolé, un enfant disparaît et l’horreur s’infiltre, s’étend, se répand, aussi inéluctable que la nuit qui descend sur Salem.

 Autant le préciser d’emblée, pour tout inconditionnel de Stephen King, Salem fait partie de ses romans les plus réussis. Succédant à sa première et déjà célèbre publication, Carrie, il assoit définitivement sa réputation de maître du suspense et du fantastique.  La réussite de Salem est due à trois éléments en particulier. Le premier est cette facilité déconcertante dont King fait preuve pour nous présenter Salem et ses habitants, en piochant au gré des pages et des histoires des personnages réussis (authentiques), pour mieux raconter leur (més)aventures. D’ailleurs, cette chute d’une communauté entière aux prises avec les forces du mal est un des points communs qu’entretient Salem avec le Dracula de Bram Stoker. Beaucoup reprochent à King une mise en place lente de ses intrigues, mais c’est vite oublier cette maîtrise du suspense et cette montée de la tension qui caractérisent ses livres. ici, il faut bien une centaine de pages avant de se rendre à l’évidence : Salem est peuplée de vampires, et le sang va couler à flots …

Le second élément est des plus basiques, mais demeure toujours aussi fascinant : la sempiternelle lutte du Bien contre le Mal. L’une des scènes les plus tendues (et fascinantes) du roman est cette confrontation entre le père Callahan et Barlow, au cours de laquelle chacun essaie d’atteindre l’autre à coups de foi et de croyances impies. Ce sentiment de combat éternel est renforcé par le nom même de la ville de Salem’s lot, contraction de Jerusalem’s lot, qui renvoie également à la ville de Salem, du temps où l’on brûlait vives les sorcières. Enfin, le parallèle voulu entre le Comte Dracula et Barlow, dont le destin similaire rappelle que Salem est avant tout un hommage au chef d’oeuvre de Bram Stoker. Dracula s’installe en Angleterre, transporté par bateau, Barlow à Salem, transbahuté dans une caisse par des déménageurs. Tous deux sont élégants, raffinés et fins stratèges. Ils affronteront les mêmes adversaires, le petit groupe tentant de s’opposer pour sauver Susan rappelant fortement celui qui accompagnait le docteur Van Helsing. King a réussi à transposer les enjeux de l’oeuvre de Stoker dans cette Amérique rurale qu’il chérira tout au long de sa bibliographie, tout en revigorant le mythe du vampire en littérature.

Salem est un des romans les plus sombres et effrayants de Stephen King, et assurément l’un de ses plus réussis. A lire pour frissonner délicieusement sous la couette, avant de dormir …

4 réflexions sur “ Salem, de Stephen King ”

    1. En effet, le titre peut prêter à confusion😉 en ce qui me concerne, c’est un des meilleurs (le meilleur) roman sur les vampires que j’ai lu. Et puis, on y découvre le père Callahan, un personnage que j’ai beaucoup aimé et que j’ai pris plaisir à retrouver dans la saga de La tour sombre😉

      1. Ah oui!^^ Le père Callahan! J’ai lu que le premier tome de la tour sombre et en plus, Salem, je l’ai lu il y a au moins 5 ans, donc je n’ai pas fait le rapprochement!^^ Oh en livres de vampires, j’avoue être toujours sous le charme de deux ou trois livres d’Anne Rice!^^

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