Les mangeurs de morts, de Michael Crichton

En l’an 921, Ibn Fadlan, envoyé du calife auprès des peuplades du Nord, est enlevé par une bande de Vikings. Cet Arabe cultivé, habitué au raffinement de la cour de Bagdad, nous décrit son étonnement devant ces barbares hirsutes et bagarreurs, son voyage vers les mers glaciales, les périls qu’il court avec ses ravisseurs et la fraternité qui naît entre eux. C’est qu’il y a urgence : comment lutter contre les créatures mystérieuses qui les déciment ? Ces Mangeurs de morts qui mettent à feu et à sang le Royaume de Rothgar sont-ils des démons comme le croient les Vikings ? Sont-ils des envahisseurs venus de nulle part ? Très loin au nord, dans la brume crépusculaire, Ibn Fadlan, incapable d’en croire ses yeux, verra en face l’ultime horreur…

Ce livre assez méconnu de Michael Crichton a pourtant fait l’objet d’une adaptation cinématographique : Le 13ème guerrier. Crichton y concocte un mélange subtil entre chronique médiévale et fantastique. Il s’inspire des écrits d’Ahmed Ibn Fadlan, un émissaire de Bagdad envoyé au contact des populations nordiques. Il va croiser la route des vikings, jusqu’à embarquer sur un de leurs drakkars. C’est à partir de là que s’arrête l’Histoire et démarre la fiction. L’équipage s’en va au secours d’un village en proie à un ennemi inconnu. Des démons profitent de la nuit et du brouillard pour attaquer et emporter les cadavres de leurs victimes. La force du roman est d’allier reconstitution historique et pur divertissement en axant le récit sur la confrontation des cultures. Ibn Fadlan, intellectuel raffiné, doit s’intégrer au sein d’un équipage de vikings aux pratiques rustres et aux croyances particulières. Son apprentissage ne se fera pas sans heurt, malgré tout l’intérêt que lui porte Bullwyf. Ce dernier est leur chef, un guerrier brave et farouche prêt à mourir pourvu que ce soit avec gloire. Crichton ne perd jamais de vue ce choc des cultures, et s’en sert pour développer son récit. Ainsi, Ibn Fadlan apportera un regard nouveau et civilisé sur la situation d’horreur à laquelle les héros vont être confrontés. Crichton avance alors une hypothèse convaincante, bien que fantasmée.

Les mangeurs de morts est un roman très court (160 pages), qui se dévore rapidement. Crichton raconte ainsi une histoire crédible et divertissante, versant parfois dans l’horreur.

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