Marre d’être pris pour un simple con-sommateur

Une fois n’est pas coutume, je vais pousser un petit coup de gueule.  Ce qui va suivre découle d’un ressentiment. Je ne vous infligerai pas de chiffres, de courbes de progression et de pourcentages avancés par les uns et les autres. Loin de moi l’idée de dessiner un portarit peu flatteur de l’industrie du comic (quoique). Le constat que je vais dresser se base sur mon propre sentiment, allié à une rapide et succincte analyse de la situation actuelle.

On le sait, il peut paraître difficile de se lancer dans le monde des comics, ou de retrouver des univers qu’on a appréciés des années auparavant. A tel point que les forums spécialisés et les vendeurs sont souvent assiègés des sempiternelles questions : « Par où commencer ? » « Qu’est ce que je dois lire absolument ? « Quels sont les meilleurs titres ? » La multiplication des revues en kiosque n’arrange rien à l’affaire. Et l’offre faite au lecteur augmente bien plus vite que ses revenus qui eux, se réduisent.

Rien n’empêche de rêver, c’est déjà çà !

Alors, l’annonce faite par Panini de l’arrivée de nouvelles revues dans les rayons risque de compliquer encore un peu la chose. Sans compter le relaunch des 52 séries DC !. Je me rappelle cette époque bénie de Strange où il n’y avait pas de résumé des épisodes précédents en introduction. Mais il y avait beaucoup moins de titres à suivre. En 2012, Panini va distribuer pas moins de sept nouveaux magazines ! Il y aura du mensuel, du bimestriel et du trimestriel, mais tous les mois il y aura du contenu supplémentaire en kiosque. Avengers, Avengers Extra, Marvel Knights, Spiderman Classics, Spiderman Universe, X-Men Classics et X-Men Select, autant de titres qui seront proposés à la vente.

Du choix, du choix encore du choix.

La façon qu’ont les éditeurs de comics d’aguicher le lecteur provoque chez moi des ulcères. En effet, l’annonce d’une nouveauté va souvent de pair avec celle d’une équipe attendue. Scénariste ou dessinateur, il y a toujours une pointure au lancement d’un nouveau titre. Mais pour combien de temps ? Les amateurs de comics le savent bien, la qualité promise au démarrage n’est pas toujours de mise sur le long, voire sur le moyen terme. Quelques épisodes suffisent à accrocher un public, et les grosses pointures (chèrement payées) sont remplacées par d’autres artistes moins en vogue. La qualité générale du titre concerné s’en ressent, et le premier à en pâtir, c’est le lecteur. L’impact de cette désillusion est telle que le héros concerné subit en conséquence un certain désamour de la part de ses fans les plus lucides. Demandez à Spiderman. Je ne parlerai même pas des séries qui sont arrêtées en cours, faute de chiffres de vente satisfaisant. Dire que je me faisais un plaisir de lire Ghost Rider dans la revue Marvel Knights

Les comics ont augmenté de 1 Dollar ? Et en Euro ça fait … Oh my god ! C’est la crise !!!

Je ne reviendrai pas sur la crise économique qui nous frappe pour rappeler que la T.V.A intermédiaire à 7.5% sera instaurée. Les prix augmenteront encore. Il suffit de comparer les prix des Marvel Deluxe qui évolue depuis quelque temps. Alors, les éditeurs augmentent-ils leurs prix parce qu’ils le doivent ou parce qu’ils le peuvent ? Pour eux, les superhéros ne sont pas des symboles, des modèles, mais uniquement des licences d’exploitation servant à rapporter de l’argent. Ils pourront se défendre en avançant l’augmentation du coût de production (encre, papier, impression) et de la rémunération des auteurs. Ces éléments les obligeraient à répercuter cette augmentation sur le prix du produit. Cependant, cet argumentaire n’est pas soulevé devant les investisseurs. La hausse des prix se justifie par le principe économique le plus simple qui soit : celui de l’offre et de la demande. Tant qu’il y aura des clients pour acheter, il y aura des produits à vendre. La hausse des prix se fait régulièrement en douceur (à coup de 1 Euro par-ci par-là), histoire de maximiser les rentes sans s’alièner la clientèle. La multiplication des revues en 2012 entre dans ce contexte. On relativise l’augmentation du prix, mais on réévalue l’offre en proposant toujours plus de produits.

Pour réduire le sentiment de crise, les autorités songent à créer le billet de zéro Euro !

A leurs yeux, le lecteur est uniquement un consommateur, on le sait. C’est l’analyse du marché qui en découle qui me stupéfie. Ils se contentent de tirer sur la corde pour voir quand elle cassera. Je suis effaré de voir à quel point la culture, quelle que soit son support, est devenue un luxe. Le prix d’une place de cinéma a explosé, un roman coûte le prix d’une sortie en couple pour une séance. Je suis fasciné de voir à quel point les distributeurs ont confiance en notre pouvoir d’achat qui pourtant se réduit comme une peau de chagrin.

Ce constat concerne les comics, puisque ce blog y est consacré. Mais il peut bien évidemment s’étendre à tout ce qui s’achète dans notre chère société de consommation. Ce qui est bien plus grave et essentiel, lorsqu’il s’agit de produits (encore) de première nécessité.

4 réflexions sur “ Marre d’être pris pour un simple con-sommateur ”

  1. Un bon article qui résume bien un sentiment que je partage aussi.
    Personnellement, ce qui m’avait fait arrêter les comics était les cross-overs à rallonge où on est obligé de lire 30 revues pour avoir toute l’histoire…
    Et c’est vrai que la situation est paradoxale avec des éditeurs qui se plaignent de ne pas avoir assez de lecteurs, et qui lancent des dizaines de titres tous les mois. Quant je vois le prix du comic-book à 3 dollars aux USA, mince alors (OMFG en V.O.) ! Ce n’est plus un loisir populaire !
    Et que dire du livre à 15-20 euros ? Ce n’est pas comme çà que la culture se démocratise !

  2. Je te rejoints (encore héhé) sur le point que tu abordes aujourd’hui. Moi même, n’ayant aucun salaire, j’ai du mal à me payer mes comics que ce soit en kiosque ou en librairie. Pour faire simple et rapide, ça fait bien deux mois je crois que je n’ai pas touché à un comic neuf et tout ça à cause des multiplication des revues, d’une certaine continuité (que je ne suis plus donc, je suis un peu à l’abandon) ainsi que du prix qui gonfle à vue d’oeil.

    Ca me désole de dire ça, mais je finirai par abandonner les comics à un certain moment de ma vie (pour les reprendre plus tard bien sur) et je suis loin d’être la seule à procéder ainsi. Je pense que le jeu auquel joue les éditeur s’arrêtera bientôt, quand s’acheter un comic reviendrait à se payer une paire de chaussures.. les lecteurs réagiront.

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