Marvels, de Kurt Busiek (scénario) et Alex Ross (dessin)

Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Comment font-ils ? Ces êtres aux pouvoirs extraordinaires envahissent nos rues et notre quotidien. Certains nous défendent, d’autres nous attaquent. Ils se battent entre eux, et nous assistons à ce spectacle ahurissant, fascinés, terrifiés, mais toujours avec ce sentiment d’impuissance.

Marvels présente la réaction de la population à l’apparition des surhumains. A travers le point de vue du journaliste Phil Sheldon, Kurt Busiek et Alex Ross nous offrent un condensé de tous les grands évènements qui ont façonné l’univers Marvel pendant trente ans. On revit apparition de la torche humaine, premier surhumain considéré comme une phénomène de foire, la mort de Gwen Stacy, le mariage de Red Richards et Susan Storm, ou encore les relents nauséabonds de la montée du nazisme en Europe.

En plaçant son récit à hauteur d’homme, Busiek pousse le lecteur à s’interroger sur la cohabitation avec ces êtres surpuissants, et à tenter d’envisager toutes les conséquences possibles pour le monde. De ce phénomène vont émerger des héros, mais aussi de nouvelles menaces auxquelles il faudra apporter de nouvelles réponses. Ces évènements modifieront en profondeur la perception que l’être humain aura de son propre monde. Faut-il accepter ses nouveaux êtres ? S’adapteront-ils à nous ? Quelle sera la place de l’homme dans ce monde là ? En permanence, la population oscille entre espoir et crainte, tolérance et racisme. Et quoi de mieux que de choisir un journaliste comme narrateur pour livrer un témoignage objectif sur cette évolution ?

L’histoire est magnifiée par les peintures superbes d’Alex Ross. Ces dernières années, on a rarement vu une telle adéquation entre le fond et la forme. Le photo réalisme de son travail et le voyage dans le temps initié par Busiek confèrent à Marvels une atmosphère délicieusement rétro. Ses peintures sont tout simplement magnifiques. La beauté visuelle des planches frappe de la première à la dernière page, et achève de faire de Marvels un chef d’oeuvre.

Lors de sa sortie en 1994, Marvels avait été une véritable révolution, tant par la justesse et l’intelligence de son histoire que par le photo réalisme exceptionnel de ses dessins. Il faut saluer l’excellente initiative de Panini d’avoir proposé la série complète sous la forme de dix fascicules accompagnant les dix numéros de Marvel : les grandes sagas. Il lui sera donné une suite, Marvels : l’oeil de l’objectif.

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