Spider-Woman : Agent du S.W.O.R.D

Jessica Drew, alias Spider-Woman, vit une passe difficile. Elle n’est pas encore remis de son enlèvement par les skrulls. Elle doit faire face à une hostilité ambiante vu que son visage est associé à celui de la reine Skrull qui l’a remplacée. C’est dans ce contexte qu’elle est contactée par une agence spécialisée dans les missions d’espionnage galactique, le S.WO.R.D. Dépêchée à Madripoor, elle va devoir traquer quelques skrulls cachés sur place.
Le duo Bendis / Maleev est à l’origine de ce qui aura été une claque pour la plupart des amateurs de Daredevil. Leur run sur la série du diable de Hell’s kitchen est resté dans toutes les mémoires. Les deux hommes travaillent régulièrement ensemble. Ils se sont de nouveau réunis en 2009 pour raconter cette histoire mettant en scène Spider-Woman. D’abord diffusé sous la forme de webisodes sur le net, la mini-série fut couchée sur papier. C’est paru en France dans la collection 100% Marvel en Août 2010.

Le point fort de Spider-Woman : agent du S.W.O.R.D. est sans aucun doute le dessin. D’emblée on reconnaît le style urbain très appuyé d’Alex Maleev. L’artiste livre des planches toujours aussi sombres et grenues. Son travail est toujours aussi impressionnant de maîtrise, et c’est un régal d’arpenter les rues de Madripoor en compagnie de Spider-Woman. Son style est assez loin des standards établis dans les comics, et possède son lot de réfractaires. On nage en plein polar d’espionnage, et c’est tant mieux, c’est là que Jessica Drew exerce. On y parle de skrulls infiltrés, de S.H.I.E.L.D. et de l’H.Y.D.R.A. Pour autant, ce n’est pas un comic book bourré d’action, bien au contraire.
Bendis raconte une histoire qui la part belle à l’introspection. Le développement est lent,  rythmé par la « voix off » de l’héroïne. Psychologiquement dévastée, son état est propice aux doutes, aux questionnements, à la paranoïa.  On a alors l’impression de lire un journal intime d’une dépressive, sur fond d’espionnage. L’approche est intéressante et colle bien à l’atmosphère de film noir qu’ont voulu instaurer les auteurs. Cependant, le relatif manque d’action alourdit quelque peu le scénario. C’est ce qui en fait un livre assez éloigné des productions du genre au final.
Spider-Woman : agent du S.W.O.R.D. n’est pas le meilleur travail du duo Bendis / Maleev. L’attente suscitée fut énorme, et c’est sans doute ce qui fut à l’origine de son échec commercial. Le succès public ne fut pas au rendez-vous, et la série fut avortée au bout de sept numéros. Elle fut victime de son rythme lent, impossible à tenir sur le long terme. Le sort est pourtant cruel, car elle n’est pas exempte de qualités, bien au contraire.

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