Daredevil : Sous l’aile du diable

Matt Murdock vient de se faire larguer par sa copine. Le coup est rude, mais il n’a pas le temps de s’apitoyer sur son sort : une jeune femme vient de lui laisser son bébé. ce dernier serait conçu sans père. Potentiellement amené à devenir l’antéchrist, il suscite la convoitise de cultes oeuvrant pour ou contre l’apocalypse. Et dans tout çà, la vie de Daredevil commence vraiment à s’effondrer … Et si tout était lié ?

Daredevil : Sous l’aile du diable contient les épisodes U.S Marvel Knights Daredevil #1-15 scénarisés par Kevin Smith puis David Mack et dessinés par Joe Quesada.

Crise de foi

Sous l’aile du diable est une pierre angulaire de l’histoire de Daredevil, et ce pour plusieurs raisons. La première est qu’elle est écrite par Kevin Smith, réalisateur de Clerks, Mallrats ou Dogma, et accessoirement roi des geeks. la seconde est que l’histoire est excellente tout simplement. Fin de l’article. Comment ? Vous voulez en savoir plus ? Sous l’aile du diable fait partie de ces comics qui servent à clamer haut et fort que non, les comics ne sont pas toujours faits pour des enfants. Déjà, le personnage principal, Matt Murdock alias Daredevil est un héros urbain, aveugle de surcroît, qui a beaucoup, beaucoup souffert lors de ses carrières. Carrière au pluriel parce que le bonhomme mène une double vie héroïque : celle de justicier masqué et celle d’avocat idéaliste. Cette soif inextinguible de justice est la raison d’être de Daredevil. A cela se rajoute la dimension mystique du personnage qui, s’il n’est pas affublé de super pouvoirs voyants (seuls ses autres sens sont hyper développés), a choisi de porter le costume du diable pour protéger son quartier de Hell’s Kitchen et inspirer la peur aux criminels (Batman n’est pas loin).

Cet aspect là du personnage va servir de base à cette histoire imaginée par Kevin Smith. Croyant, Murdock est confronté à la possible naissance de l’antéchrist. Jusque là, on fait dans le classique sauf que plusieurs éléments vont se mettre en place. Les organisations opaques d’abord, dont on devine difficilement les intentions. L’ambivalence des uns et des autres amènent Daredevil à y voir trouble (je sais c’est nul !) et à se questionner sur sa propre foi. Ne sachant plus quoi penser, Murdock en vient à envisager le pire pour découvrir où il se situe : une scène choc montre le justicier jeter le nouveau-né du haut d’un immeuble ! Surprenant pour un super héros. Le diable de Hell’s kitchen ne sait plus où donner de la tête d’autant plus que sa vie s’effondre : Foggy Nelson est accusé de meurtre, son ex-fiancée a le sida, et les réponses que va lui apporter sa mère réfugiée dans son église ne vont pas vraiment éclaircir son jugement. Smith invoque alors Frank Miller pour notre plus grand plaisir. On n’aime jamais tant Matt Murdock que lorsqu’il est malmené tant dans ses activités héroïques que dans sa vie privée. On reste ainsi ancré dans une certaine réalité, Smith ayant l’intelligence de ne pas faire basculer son histoire dans le tout fantastique.

Born again, again

On nage en plein mysticisme (et on rend visite au Dr Strange par la même occasion), mais il ne faut pas oublier que Daredevil est un personnage urbain, habitué au genre du polar. Quelqu’un doit bien tirer les ficelles. C’est l’occasion pour Smith de convoquer à la rescousse toute une galerie de personnages qui font l’univers de Daredevil : Wilson Fisk alias le Caïd, Elektra, la Veuve Noire, Foggy Nelson, Bullseye, et même Spider-Man en guest-star de luxe. L’auteur est ici accompagné par Joe Quesada qui oeuvre aux dessins. L’ensemble est dynamique, coloré, aux antipodes du travail d’un Maleev, plus ancré dans la réalité. Les planches sont très réussies et certaines resteront mémorables, comme celle où Murdock envisage le suicide. Il ne me reste que peu de place pour préciser que la suite directe de l’intrigue imaginée par Smith, Tranches de vide, est scénarisée par David Mack. On y suit la rencontre entre Daredevil et Maya Lopez alias Echo, une jeune femme sourde capable d’apprendre et d’exceller dans différents domaines, du piano aux arts martiaux. La jeune femme est manipulée par le Caïd. Mais on ne joue pas avec le feu,  et ce ne sera pas sans conséquences pour le pire ennemi de Daredevil … Une intrigue là encore pleine de rebondissements, confirmant la renaissance opérée sur la série.

Sous l’aile du diable est une oeuvre essentielle pour qui aime Daredevil, une histoire à ranger entre la saga de Frank Miller et le run de Bendis et Maleev. On y retrouve tout ce qui fait du diable de Hell’s kitchen le héros torturé qu’il est. Le livre est un incontournable pour les fans du personnage comme pour ceux qui aimeraient le découvrir. Indispensable.

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