Wonder Woman : Vérité triomphante

Wonder Woman est la princesse du peuple des amazones, retiré du monde des hommes. En tant qu’ambassadrice auprès des hommes, elle est plongée dans le doute. Car malgré l’énergie qu’elle déploie pour venir en aide au monde qui entoure l’île du Paradis, son message de paix, de compréhension et d’amitié est rejeté par l’humanité. Et toutes les nations ne sont pas prêtes à l’écouter, en dépit de ses bonnes actions et de ses intentions louables.

Wonder Woman : vérité triomphante est le dernier des quatre livres écrits par Paul Dini et dessinés (peints) par Alex Ross, à l’occasion du soixantième anniversaire de Superman, Batman, Shazam et Wonder Woman.

Wonder Woman, c’est ma première rencontre avec un personnage féminin doté de super pouvoirs. La première fois que je suis tombé amoureux d’elle, ce n’était pas entre des cases et des bulles, mais devant le petit écran. La magnifique Linda Carter donnait corps (à tous niveaux) à cette héroïne qui semblait déjà perdue au milieu des hommes (elle officiait dans l’armée). Puis j’ai découvert qu’elle côtoyait Superman dans le petit kiosque où je me rendais enfant pour y lire les aventures du kryptonien (sous l’oeil inquisiteur mais compréhensif du vieux monsieur qui tenait la boutique). Alors, je me suis initié au monde des amazones. Qu’est ce qu’il avait à m’offrir ? C’est cette même question que se pose Paul Dini.
Le scénario se penche sur le statut même de super héros. Dini et Ross avaient déjà abordé de front le sujet en se concentrant sur la dimension mythologique des surhumains, comme dans Superman : Paix sur terre. Cette approche est d’ailleurs le fil conducteur des quatre livres, et celui-ci ne fait donc pas exception. La méthode est la même : on suit les pensées des personnages confrontés qu’ils sont à la réalité de notre monde. Diana est en proie au doute : malgré ses agissements incessants pour les bonnes causes (lutte contre le terrorisme, catastrophes …), elle suscite encore le rejet et l’incompréhension, quand il ne s’agit pas de condescendance de la part des dirigeants. Dini esquisse d’ailleurs la condition de la femme, prise de haut par le simple fait qu’elle appartienne au sexe supposé faible. Il y reviendra en mettant Wonder Woman en présence de femmes voilées servant de boucliers humains (on en reparlera plus loin). On assiste à quelques séquences particulièrement intéressantes, qui rappellent des images fortes comme la manifestation de Tien’Anmen.
Désemparée, la princesse des amazones se tournera vers le seul de ses amis expérimenté face à ce genre de situation : Superman. Qui d’autre que lui sait ce qu’est être un Dieu parmi les hommes ? Et la réponse qu’il donne à Diana se trouve en partie dans la question. C’est en se mettant à hauteur d’hommes qu’elle emportera leur adhésion, non pas en les survolant. On en (re)vient à cette séquence où Wonder Woman retourne enquêter sur les boucliers humains. Les femmes voilées sont retenues dans un camp. Wonder Woman s’efface pour apparaître voilée, avant d’être capturée. Au milieu de ses femmes réduites à attendre derrière des barbelés, la princesse des amazones rencontre la compassion des prisonnières à l’attention de cette nouvelle arrivante. Une fois acceptée, elle sème le vent de la rébellion, refuse la soumission puis lève le voile (à tous niveaux) sur son identité, avant de faire parler les poings. La scène est forte en symboles, même si il y aura toujours quelqu’un pour interpréter çà comme une démonstration de l’impérialisme américain …
Alex Ross signe encore une fois des planches magnifiques. Il capte comme lui seul sait le faire l’essence même du super héros, dans tout ce que ça comporte de mythologique. Les peintures parviennent à rendre ces êtres surpuissants si humains. Son travail hyper réaliste s’accorde à merveille avec le propos de Paul Dini, et confère à ces histoires un aspect intemporel, rappelant que malgré les âges, les héros, eux, ne vieillissent pas. La dernière planche (très cinématographique) résume le parcours de Diana au sein de cet album. Elle est d’abord représentée en gros plan, seule à l’image, avant d’être de plus en plus mêlée à la foule alors qu’on s’éloigne d’elle. Paradoxal et imparable. Pour couronner le tout, Wonder Woman n’y a jamais été aussi belle. J’en suis tombé amoureux. Encore une fois.
Wonder Woman : Vérité triomphante est une nouvelle fois une grande réussite, à tous les niveaux. On pourra toujours dénoncer le manichéisme dont peut parfois faire preuve Paul Dini. Pour autant, il est salvateur de sortir du cynisme ambiant qui règne de manière générale. Après tout, les super héros sont un peu là pour çà, non ? Avec ces quatre livres, le tandem Dini / Ross nous gratifie d’un retour aux sources rafraîchissant, pour quatre personnages emblématiques et populaires. Il ne me reste plus qu’à vous parler de Batman : Guerre au crime, très bientôt 🙂

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