Grant Morrison présente Batman T.2 : Batman R.I.P

Grant Morrison présente Batman T.2 contient les épisodes U.S Batman #672-681scénarisés par Grant Morrison et dessinés par Tony Daniel et Ryan Benjamin (#675), ainsi que des pages des épisodes de 52 #30 et 47. L’album reprend l’intégralité de l’arc Batman : R.I.P.

Après un premier tome paru le mois dernier, Batman revient sous la plume de Grant Morrison dans la collection DC Signature. Le justicier de Gotham a à peine le temps de digérer l’existence de son fils Damian qu’il doit affronter une mystérieuse organisation : le gant noir. Ce groupe de criminels est dirigé par le Dr Hurt. Leur objectif est simple : briser Batman psychologiquement, avant de se débarrasser de lui définitivement. La startégie ravage Bruce Wayne, poussé dans ses derniers retranchements. Pour couronner le tout, le gant noir a un atout dans sa manche. Un clown déjanté bien connu de l’asile psychiatrique d’Arkham …

Le passage de Morrison a été très remarqué, par sa durée, et par sa qualité générale. Mais l’auteur emprunte parfois des chemins tortueux pour raconter ses histoires. C’est le cas avec les épisodes présentés dans ce second tome. Le scénariste use régulièrement de flash back, ce qui rend parfois confuse cette histoire déjà bien déjantée. Morrison s’attache particulièrement à jouer sur les troubles et les doutes qui habitent l’esprit de Batman. Pour justifier ses intrigues, il a souvent recours à des moments qui ont émaillé la carrière du chevalier noir. Par exemple, il fait ici référence à des épisodes où le Dr Hurt préparait Batman à un voyage dans l’espace, ce dernier cherchant surtout à assimiler des substances psychotropes pour comprendre ce qui pouvait se passer dans la tête d’un criminel comme le Joker ! Morrison y revient en se servant de cet évènement pour en faire le moyen de détruire Batman.

Pendant que Robin et Nightwing tentent de sauver la situation de leur côté, Bruce Wayne sombre dans la folie. Jamais un scénariste n’avait autant joué sur les personnalités multiples qui cohabitent dans l’esprit de Bruce Wayne. Le héros est pétri de contradictions, et Morrison s’en amuse. Certaines séquences dans le psychédélique, notamment lorsque l’homme chauve-souris se prend pour un certain Batman de Zur-en-Arrh ! Ce n’est que la version de ce que serait le Batman sans la présence de Bruce Wayne à l’intérieur. Morrison malmène le eprsonnage jusqu’à un dénouement épique où Hurt résume la situation : un Batman au bord du gouffre, un choix cornélien et la présence de sa némésis.

Le récit est captivant, et n’est pas sans rappeler un certain Daredevil : Born again de Frank Miller. Morrison s’est offert un délire personnel sur cette aventure déjantée, en sigannt des passages vraiment alambiqués. Mais c’est pour mieux plonger le lecteur dans l’état de confusion dans lequel se débat Bruce Wayne. Vous l’aurez compris, il ne faut pas lire cette histoire si vous êtes fatigués, sinon vous lâcherez prise. Il ne faut pas lire non plus sous l’emprise de produits psychotropes, sinon vous finirez en hôpital psychiatrique ! Du côté des dessins, c’est Tony Daniel qui assure la palette graphique. Son style efficace illustre le récit de manière dynamique mais pas toujours très fine. Pour autant, l’artiste nous plonge dans les méandres de l’esprit de Batman (et de Morrison) avec un réel succès. Je lui préfère des artistes comme Andy Kubert (plus classique) ou Yannick Paquette (plus subtil), aux styles différents mais qui ont livré des planches remarquables sur la série.Au niveau éditorial, l’objet est beau dans la lignée  de ce que nous propose Urban depuis son arrivée sur le marché. La chronologie, l’introduction et la présentation des personnages sont toujours là, avec la galerie de couvertures en fin de livre (signées Alex Ross dans le cas présent).

Grant Morrison présente Batman T.2 continue sur la lancée du premier volume, avec une édition soignée. La collection DC Signature nous offre là la réédition d’un run qui fait déjà date dans l’histoire de Batman. Tout juste peux-tu on regretter qu’il n’y ait pas une analyse poussée du style de Morrison ou des extraits de scénario, pour les auteurs en herbe.

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