Batman : Année un

Le lieutenant James Gordon vient d’être muté à Gotham. Sa femme est enceinte, et l’homme est assailli par le doute. L’incorruptible Jim Gordon doit évoluer dans une police où la corruption a remplacé l’éthique. Pour couronner le tout, un justicier déguisé en chauve-souris fait son apparition dans les rues de la ville.

Batman : année un contient la mini-série en quatre épisodes Batman : Year One, publiés dans la série Batman #404-407 (en 1987), scénarisée par Frank Miller et dessinée par David Mazzucchelli. L’album contient également le DVD et le Blu-Ray du film d’animation éponyme.

L’histoire de Miller nous permet de revivre les origines de Batman. Il raconte la premièer année d’exercice du Batman dans les rues de Gotham. cette année est aussi la première de l’affectation du lieutenant Gordon. L’originalité tient au parti-pris du scénario, lorgnant plus sur le polar que sur le genre superhéroïque. Batman : Année un tient plus du roman graphique que de la bande dessinée pure. On suit les doutes et les déchirements de James Gordon, mais aussi de Bruce Wayne. Les deux hommes visent le même objectif, mais leur parcours pour l’atteindre diffère. Alors que le premier reste dans le cadre de la loi au risque de sa propre vie, le second n’hésite pas à la transgresser avec des méthodes plus expéditives. Faire respecter l’ordre et la justice est loin d’être chose aisée à Gotham. Chacun devra adapter sa méthode : Gordon devra être plus sournois, Batman ne peut agir seul, et devra s’en faire un allié. Gotham City, ça vous change un homme.

Miller livre un récit qui fait la part belle à la psychologie. On suit avec un grand intérêt les doutes de Bruce Wayne, qui apprend de ses erreurs. La séquence où Batman tente d’interpeller trois cambrioleurs est parlante. Quant au personnage de Gordon, il fascine. Il est très proche d’un William Sommerset (rappelez vous, c’est l’inspecteur incarné par Morgan Freeman dans Se7en). L’homme semble perdu dans un monde qui sombre dans la folie : les flics sont les voyous, le crime paie largement, et des justiciers costumés se substituent à la loi. Gordon est un flic à l’ancienne, et Miller en fait le contrepoint parfait à ce milliardaire de Bruce Wayne qui s’essaie au rôle d’apprenti justicier. Les deux hommes grandiront au cours de cette année fondatrice. On retrouve d’autres personnages secondaires qui gagneront en importance dans la vie du chevalier noir, comme Sélina Kyle (Catwoman), Harvey Dent, ou encore un certain … Joker.

La partie graphique est assurée par David Mazzucchelli. Son style au trait épais et sombre correspond à merveille à l’ambiance instaurée par Miller. Les planches de l’artiste nous entraîne en plein polar, et Gotham y est un personnage à part entière. Le style est très urbain et réaliste. Batman n’apparaît pas comme un héros (sur)bodybuildé (il ne ressemble pas à un cure-dents pour autant), ses exploits de défraient pas la loi de la gravité. Ce parti-pris sera grandement repris par le réalisateur Christopher Nolan dans ses adaptations cinématographiques. Le duo Miller / Mazzucchelli place leur histoire à hauteur d’homme. Parce que derrière le masque, la légende, l’insigne ou le flingue, il n’y a que çà : des hommes.

Le travail éditorial d’Urban Comics force là encore le respect. L’éditeur propose une édition très soignée. L’album bénéficie d’une couverture cartonnée, packagée avec le film d’animation tiré du livre (en DVD et Blu-Ray !). Une initiative particulièrement intéressante puisque le tout est vendu pour 20 Euros ! Pour ce prix là, vous avez droit à un chef d’oeuvre du genre (peut-être la meilleure histoire de Batman) et son adaptation animée. L’introduction est celle de Denny O’neill , et la postface est signée Frank Miller himself. On appréciera l’intervention de Mazzucchelli qui revient sur son rapport à Batman, par le biais de planches savoureuses. Entretemps, on aura admiré les essais, les croquis préparatoires et les comparatifs assortis d’explications de David Mazzucchelli. On se sera également plongé dans les extraits de scénario de Miller. Un livre qui impressionne tant il est complet.

Batman : Année un est une œuvre indispensable que j’ai enfin l’occasion de chroniquer avec la réédition d’Urban. L’éditeur nous propose un album de très grande qualité, cette fois encore plus que les autres. Pour ceux qui ne connaissaient pas, je ne saurais trop vous conseiller sa lecture, pour tout ce que ça apporte à la légende de Batman. Ce sera l’occasion pour vous de comprendre à quel point un auteur comme Frank Miller a su imposer sa marque grâce à de grandes histoires.

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