Judge Dredd, la loi c’est lui

Nous somme en 2139, la planète a été ravagée par de terribles guerres atomiques. La vie subsiste dans des cites tentaculaires dont la capitale et Méga City One, mégalopole construite sur plusieurs niveaux. Pour assurer l’ordre, des officiers froids et terriblement efficaces font office d’enquêteurs, juges et bourreaux. On les nomme les Juges. Dredd est le plus célèbre, et impitoyable, d’entre eux.

Réalisation : Danny Cannon – Casting : Sylvester Stallone, Diane Lane, Armand Assante, Rob Schneider, Max Von Sydow, Jûrgen Prochnow – Année : 1995 – Durée : 95 mn

Judge Dredd, le seul flic au monde qui met tout un quartier en état d’arrestation !

Mon avis : L’article que j’ai consacré à la nouvelle adaptation des aventures de Judge Dredd sur grand écran m’a donné envie de revoir la première version. Le film date de 1995, et met en vedette une des plus grands action movie stars de l’histoire : Sylvester Stallone. Judge Dredd version Sly est un pur concentré d’action bourrine et de répliques aussi savoureuses que foireuses. Du bon action movie des nineties comme on les aime (ou pas). Ceux qui cherchent un message caché humaniste ou une réflexion sur l’autoritarisme peuvent passer leur chemin. Dredd s’en fout. Seule lui importe la loi (son désormais culte I am the law !). Stallone excelle dans ce rôle de policier monolithique et absolu. Lui qui est capable de performances d’acteur mémorables (Rocky, Copland) joue à merveille avec son image de colosse inexpressif. Dredd est un rôle taillé pour lui. On est en plein film d’action donc, le scénario ne suit pas la voie tracée pour le personnage.

Judge Dredd, un défilé de mannequins en herbe

L’intrigue reste très édulcorée, malgré quelques scènes de violence certes gratuites, mais qui font office d’évènements courant dans ses aventures sur papier. Le complot visant à établir un nouvel ordre ne s’arrête jamais vraiment sur la situation des juges et les conséquences d’un tel système. Dredd y affronte son double psychopathe Rico, interprété par un Armand Assante qui se veut enragé mais à qui il manque cette électricité qui alimente un Al Pacino. Il profite de cette aventure pour rencontrer (et exterminer par la même occasion) une galerie de personnages secondaires qui brillent par leur dégénérescence.  Le film lorgne donc sur le blockbuster écervelé, et s’arme de tous les artifices du genre. Les seconds couteaux sont rodés à l’exercice (Prochnow, Von Sidow, Assante), le sidekick assure le quota humoristique en contrebalançant la rectitude de Sly, le film se termine sur un mano a mano entre le héros et sa némésis, on a même droit au baiser final …

La mise en scène regorge d’effets à la gloire de l’icône Stallone. C’est peut-être là un des écueils du scénario. Aucun autre juge ne fait contrepoint, tous le considèrant comme un modèle à suivre, une légende. Danny Cannon n’est pas Spielberg, et sa façon de filmer ne révolutionnera jamais le cinéma. Mais il a l’habitude de tourner ce genre de production et il faut bien dire que si les séquences ne réservent aucune surprise, elles demeurent efficaces (seule la poursuite en motos volantes apparaît datée). Le visuel est travaillé, et certains plans feront encore frémir les fans de S.F. Le vrai hic réside dans la fâcheuse tendance de Dredd de retirer son casque à la moindre occasion, jusqu’à ne plus le porter … La chose serait moins difficile à avaler si le visage de Sly était barré de cicatrices en tous genres, mais ce n’est point le cas. On peut comprendre le parti-pris de ne pas continuellement dissimuler le visage d’une star à 25 Millions dollars le film (à l’époque) sous un casque. Mais, on parle de Dredd là !

Aaaaaarrrgheuh aaaaargh !

Judge Dredd n’a jamais fait dans la finesse, et ceux qui chercheraient un peu de subtilité dans ce film passeront leur chemin. Les autres s’amuseront devant un action movie délicieusement ridicule, ce qui paradoxalement le sauve de la ringardise, contrairement à d’autres productions du genre plus récentes (Spawn, Elektra, Punisher War Zone). Judge Dredd, c’est 1h30 de plaisir coupable ! Allez, comme le chanterait vigoureusement Herbert Léonard, pour le plaisir :

Dredd : Il y a pas 24 heures qu’il est sorti de prison, c’est un récidiviste. Peine automatique de 5 ans. Qu’est ce que vous plaidez ?
Fergie : Non coupable.
Dredd : J’étais sûr que vous diriez ça.
Fergie : Une peine de 5 ans ?! Non mais enfin ! Non ! J’avais pas le choix ! Ils se zigouillaient tous là-dedans !
Dredd : Vous auriez pu sauter par la fenêtre.
Fergie : Du quarantième étage ?! Mais c’était suicidaire !!
Dredd : Peut être, mais c’était légal.

Comme on dirait chez moi, il n’y a pas à tortiller du cul pour chier droit : la loi, c’est lui !

2 réflexions sur “ Judge Dredd, la loi c’est lui ”

  1. Rien que pour ce dialogue, ce film mérite d’entrer au panthéon, au côté de tous les films de Chuck Norris… Plus sérieusement, je suis d’accord avec toi (tu vois que tout est possible!!), tant pour les qualités que pour les défauts de ce film sorti en l’an de grâce 1996 (année de référence cinématographique s’il en est). Pas contre, pour ASM, rien à faire tu t’égares (Je sauve 1 plan, et Gwen- hmmmmm….Emmaaaa!!!).

    1. J’aime lire « je sauve 1 plan, et Gwen …. Emmaaaaaa » alors qu’il n’y a à peine 2 jours, tu me disais que tu le reverras avec plaisir (bizarre pour un film dont tu ne sauves qu’un plan et une jolie frimousse).
      Bref, je ne te juges pas citoyen, je me moque ! ^^

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