Batman, the dark knight

Batman augmente les mises dans sa guerre contre le crime. Avec l’appui du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur de Gotham, Harvey Dent, Batman vise à éradiquer le crime organisé qui pullule dans la ville. Leur association est très efficace mais elle sera bientôt bouleversée par le chaos déclenché par un criminel extraordinaire que les citoyens de Gotham connaissent sous le nom de Joker.

Réalisation : Christopher Nolan – Casting : Christain Bale, Heath Ledger, Aaron eckhart, Maggie Gyllenhal, Gary Oldman, Michael Caine, Morgan Freeman – Année : 2008 – Durée : 153 mn

Mon avis : The dark knight est de le second volet de la trilogie cinématographique de Christopher Nolan consacrée à Batman. Dans cet opus, le justicier continue de combattre le crime, mais il n’est plus seul. Il s’est fait des alliés de poids, comme le lieutenant Gordon, promu chef de la section anti-criminelle, et Harvey Dent, nouveau procureur incorruptible. Batman fait donc office de croque mitaine pour hors la loi, comme en atteste cette scène où Gordon laisse le bat signal allumé, même si le chevalier noir ne répond pas. Le symbole éclairant la nuit de Gotham est adressé en premier lieu aux criminels. Dans la ville, Batman fait régner l’ordre. Mais l’équilibre est fragile et le chaos va vite s’instaurer sous l’impulsion d’un psychopathe d’un nouveau genre : le Joker. Personne ne sait d’où il vient, ni qui il est, mais tout Gotham découvrira ce dont il est capable. Car comme le dirait justement Alfred : « Certains hommes veulent juste voir le monde brûler ».

Alfred Hitchcock disait « Meilleur est le méchant, meilleur est le film ». A l’issue du visionnage de The dark knight, on ne peut qu’acquiescer. Nolan confronte Batman a un adversaire d’un nouveau genre. Il ne s’agit plus là de mafieux aux activités sordides mais respectueux d’un certain code d’honneur qui leur est propre. Il affronte ici un psychopathe qui n’obéit à aucune règle, aucune éthique autre que celle de sa propre folie. La scène d’ouverture du film est parlante. Lors du braquage d’une banque servant de blanchisserie à la mafia locale, le directeur de l’établissement dénonce la folie et la violence de son agresseur. « Ce qui ne te tue pas te rend plus … bizarre ». En une séquence (superbe), le spectateur sait à quoi s’attendre. Batman, pas encore … Il aura affaire au Joker, dans sa version la plus sombre, violente et psychotique. Heath Ledger livre une composition hallucinée et fièvreuse, incarnant à l’écran un Joker qui ne se contente pas de faire rire, à la différence d’un Nicholson (n’en déplaise à ses fans). L’acteur signe une performance exceptionnelle qui lui vaudra un Oscar du meilleur second rôle (décerné à titre posthume). Sous ses traits, le Joker amuse, terrorise, mais surtout insinue son poison dans les rues et les esprits.

Mais réduire le film à la simple présence de son méchant serait injuste et erroné. Christopher Nolan confirme ici toute la force de son cinéma. Sa caméra froide et précise confère à son film un style très urbain qui fait sensation dans une ville comme Gotham. Il multiplie les effets visuels et sonores, discrets mais terriblement efficaces, pour faire souffler le vent de chaos qui va balayer le film. Ce qui impressionne, au delà de la virtuosité dont fait preuve le réalisateur, c’est sa capacité à retranscrire toute la noirceur de Gotham, et de ses protagonistes. Dans la lignée de Batman Begins, cette suite ne verse pas dans la surenchère technique. Nolan colle au plus près des personnages, qu’il s’agisse d’un Gordon peu à peu dépassé par les évènements, impuissant qu’il est devant ce monde qui bascule dans la folie (Gary Oldman, parfait dans le rôle de l’incorruptible obligé de naviguer en eaux troubles) ou d’un Harvey Dent qui se pose en figure salvatrice au risque de devenir la cible symbolique (Aaron Eckhart,idéal pour le rôle). Christian Bale confirme qu’il est bien le meilleur Bruce Wayne / Batman à l’écran, tant il est crédible dans les deux. Sa relative noirceur correspond à ce qu’on peut attendre d’une interprétation de l’homme chauve-souris au cinéma. Les seconds rôles sont brillament incarnés par Michael Caine (Alfred) ou Morgan Freeman (Lucius Fox). Encore une fois, c’est le rôle féminin qui semble en retrait, même si Maggie Gyllenhal semble avoir un peu moins de mal à exister au milieu de toutes ses figures que Katie Holmes.

Le scénario est donc d’une noirceur totale. Les actes du Joker font aussi mal que son discours. Il est aussi machiavélique, fou et dangereux lorsqu’il fait exploser un hôpital que lorsqu’il pervertit l’âme de ses victimes. On retiendra cette séquence où il se livre à un Harvey Dent impuissant sur son lit d’hôpital. Le dénouement du film, malgré certains clichés, refuse le happy end. C’est le moment que choisit Nolan pour donner une réponse possible à sa réflexion entamée dans le premier volet. Quelle est la place du justicier dans notre société ? Jusqu’où peut-il aller ? Tout le long du film, les avis sont partagés quant aux méthodes et à la légitimité d’un Batman. C’est le chevalier noir lui-même qui décidera de son sort. « Soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour se voir endosser le costume du méchant ». Il deviendra le paria, sa réponse est claire : Il ne sera pas le héros dont Gotham a besoin, il sera celui qu’elle mérite. Plus dure sera la chute, et celle du film marquera à coup sûr les esprits.

Avec Batman, the dark knight, Christopher Nolan signe un époustouflant second opus, qui brille tant par l’intelligence de son scénario et sa maestria technique que par la grande qualité générale de l’interprétation. Le film est magistral, de bout en bout. A l’heure actuelle, le meilleur film de genre super héroïque au cinéma … en attendant de voir le dernier volet de la trilogie.

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2 réflexions sur “ Batman, the dark knight ”

  1. Avec le légendaire sens de la mesure qui me caractérise, je l’affirme haut et fort: le joker de dark knight est le plus grand méchant de l’histoire du 7ème art (devancant le Dr Lecter de « silence of the lambs », et le John Doe de « Se7en »). Celà n’engage certes que moi, mais la conséquence est qu’aucune oeuvre cinématographique s’aventurant dans le genre super héroïque (mais pas seulement) ne saurait surpasser cet opus mirifique (y compris TDKR, malgré un jeu plus qu’honorable de Tom Hardy). Je ne tenterais pas de décrire cette performance hallucinée, tant d’autres l’ont maintes mois fait avec brio. Parmi les nombreuses victimes du personnage, l’une est à déplorer plus que les autres. Il ne s’agit ni de Rachel Dawes, ni de Harvey Dent. Il s’agit de Heath Ledger lui-même. Ce ne sont pas les médocs, ni la drogue, pas une vie dissolue et opioïde qui ont tué le comédien. C’est le joker qui a fait le coup. Il ne faut pas s’y tromper. Le médecin légiste n’a pas inscrit « homicide » sur son rapport. Et pourtant… On ne sort pas en effet si facilement de la peau d’une telle créature, lorsqu’on l’incarne avec autant de magie (noire). Si j’avais vu le film avant le décès de Heath (ce qui n’a pas été le cas), j’aurais sans doute prédit que l’acteur finirait au cimetierre ou à l’asile (d’Arkham). Si on donne vie à un démon tel que celui-ci, le tribut qu’il réclamera sera lourd. Au final, et c’est sans doute le plus important, le personnage du joker, pour les geeks comme pour les autres, n’aura jamais d’autre visage que celui, scarifié, d’Heath Ledger.

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