Batwoman T.1 : Hydrologie

Kate Kane, alias Batwoman, est rejointe dans sa lutte contre le crime à Gotham par sa propre cousine, désireuse de se faire un nom dans le monde des super-héros. Mais une nouvelle ennemie va mettre le tandem à l’épreuve. En parallèle, Kate entretient tant bien que mal sa romance avec l’officier de police Maggie Sawyer …

Batwoman : Hydrologie contient les épisodes U.S Batwoman #0-5, scénarisés par J.H Williams III et W. Haden Blackman et dessinés par J.H. WIlliams III.

Après tout le bien que j’ai pensé de Batwoman : Elégie pour une ombre, réédité récemment dans un superbe album signé Urban, j’attendais avec impatience de découvrir le personnage dans le nouvel univers DC New 52. Si ce tome 1 fera parfaitement office de premier contact avec la belle, lire le tome 0 serait un plus, d’autant que l’édition est superbe, mais surtout complète avec l’ajout des épisodes parus dans Detective Comics. Ces derniers justifient la présence de Flamebird dans Hydrologie. Et comme en plus, ils sont dessinés par Jock, il n’y a plus aucune raison de faire l’impasse dessus. Les épisodes présents au sommaire de cet album suivent directement ceux de Elégie pour une ombre. Urban a donc bien fait les choses en rendant justice à Elégie pour une ombre avec une édition à la hauteur (lire l’excellent comparatif photos à l’appui de Katchoo), et en le ressortant quelques jours avant Hydrologie.

On retrouve donc Gotham, ses ruelles sombres, et le sang qui les souille. On retrouve surtout un certain homme chauve-souris dès les premières planches. Batman enquête sur Batwoman afin de découvrir son identité. Surtout, il la jauge avant de lui proposer d’intégrer le fameux Batman Inc. En un épisode, Batwoman est directement rattachée au nouveau DC universe. La belle se fait désirer d’autant plus qu’elle a bien d’autres choses en tête. Ses relations familiales ne sont pas au beau fixe, elle tente de se remettre des évènements récents, tout en essayant de maintenir un semblant de vie normale en flirtant avec l’Inspecteur Sawyer. En plus, elle doit former sa cousine Betty Kane, alias Flamebird. Autant dire que la vie de Batwoman n’est pas de tout repos. Quand en plus, des enfants disparaissent, Kate Kane n’a vraiment plus le temps de souffler. Et quand enfin elle prend un peu de temps pour profiter de son amour naissant, survient le drame ….

Le scénario de J.H Williams III et W. Haden Blackman offre plusieurs degrés de lecture. On suit les aventures superhéroïques de cette jolie rouquine. L’intrigue fait la part belle à la légende urbaine et lorgne vers le surnaturel. Mâtinée de fantastique, elle instaure une ambiance particulière à ces épisodes, même si certains éléments sont là pour rappeler qu’on est à Gotham, et qu’on nage aussi dans le polar. La présence de Batman, mais également l’intervention de l’organisation gouvernementale D.E.U.S qui traque les justiciers masqués. Parfois on a un peu l’impression que tout se mélange au risque de paraître confus, mais les auteurs parviennent à garder le tout cohérent. La lecture prend aussi une tournure plus psychologique. On explore la personnalité complexe de Batwoman, super héroïne aux fêlures à peine cachées. Ecorchée vive, Kate Kane est une femme totalement libre et assumée. Les auteurs livrent encore une fois le portrait d’une femme à fleur de peau, indépendante et forte. D’ici qu’elle ne parvienne à détrôner Wonder Woman dans le coeur des féministes, il n’y a qu’un pas. Quoiqu’il en soit, au delà de ces considérations, Batwoman prouve qu’une super héroïne vaut plus que la tenue moulante et sexy qu’elle porte, et que, même si on l’aime aussi pour çà, la réduire au rang de bombe sexuelle serait très, très injuste.

Ce parti-pris se retrouve dans l’aspect graphique. Batwoman subit un traitement particulier de la part de J.H Williams III. Dans une case où elle est accompagnée d’autres personnages, on remarque que son traitement visuel diffère. Elle est plus insaisissable, et en même temps plus réelle. L’artiste ne cache pas son affection particulière pour le personnage. Son style artistique se reconnaît à sa manière de restituer la psychologie d’un personnage. En cela, il diffère d’un Alex Ross à qui on pourrait parfois reprocher une certaine froideur, malgré le talent exceptionnel dont il fait preuve. J.H. Williams III a cette capacité de faire passer l’émotion à travers les planches. Son travail correspond parfaitement à un personnage comme Batwoman. Le travail graphique achève de dresser le portrait de ce pas si petit bout de femme que çà. D’un point de vue purement visuel, l’artiste régale avec son sens si particulier de la composition graphique, avec ses découpages autant dynamiques que théâtraux, ainsi que certains artifices qui font toujours leur petit effet.

Batwoman T.1 : Hydrologie confirme tout le bien qu’on pouvait penser de Batwoman, et de J.H.Williams III. Plus qu’une efficace et captivante aventure super héroïque, on tient là un beau portrait de femme qui s’étoffe au fil des volumes.

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