Vieux démons, de Simon R. Green

Je m’appelle Taylor, John Taylor. Ma carte de visite dit que je suis un détective privé, mais en fait je suis plutôt un expert pour retrouver les objets perdus. Cela fait partie du don avec lequel je suis né, dans le Nightside. J’en suis parti il y a pas mal de temps, pour sauver ma peau et ce qu’il me restait de raison. Aujourd’hui, je gagne ma vie dans les rues ensoleillées de Londres. Mais ces derniers temps, les clients se font rares. Aussi, lorsque Joanna Barrett a débarqué dans mon bureau, suintant la richesse par tous les pores de sa peau, pour me demander de retrouver sa fille qui avait fait une fugue, je n’ai pas pu dire non. C’est alors que j’ai découvert où sa fille s’était barrée. Dans le Nightside : deux kilomètres carré d’enfer en plein cœur de Londres, un endroit où il est toujours trois heures du mat’ ; où l’on croise des mythes à tous les coins de rue ; où l’on peut boire un pot avec un monstre. Rien n’y est comme il parait et tout y est possible. J’avais juré de ne jamais y remettre les pieds. Mais une jeune fille est en danger, et sa mère compte sur moi. Alors je n’ai pas le choix : il faut que je rentre à la maison…

J’avais découvert l’auteur Simon Green avec le tome 2 du cycle de Nightside, intitulé L’envers vaut l’endroit, qui fera l’objet d’un article sous peu. Comme il est de bon aloi de commencer par le début, voici donc Vieux démons, premier opus de sa trilogie. John Taylor est une sorte de privé aux compétences particulières : cherchez un objet ou une personne, il le trouve. Surtout son pouvoir est actif lorsqu’il mène ses investigations dans le Nightside, une version nocturne et dégénérée de Londres, dont l’existence est inconnue de la population. Ceux qui sont amateurs de littérature fantastique comprennent vite que le Neil Gaiman de Neverwhere n’est pas loin. La cité cachée est un concentré de dégénérescence architecturale et citadine, où la magie côtoie l’aberration. Ceux qui ont donc lu le livre de Neil Gaiman évolueront avec bonheur en terrain connu, ceux qui n’ont pas eu cette chance découvriront ébahis un monde de cauchemars et de merveilles.

Simon Green raconte son histoire au travers de John Taylor, personnage principal et narrateur. Le récit est raconté à la première personne, ce qui n’est pas si fréquent dans ce genre de littérature. Pour captiver le lecteur et crédibiliser ce monde fantastique, l’auteur s’appuie sur les canons du détective privé pour installer le personnage, et le monde qui l’entoure. Ce parti-pris favorise l’immersion du lecteur dans cet univers fascinant. John Taylor nous gratifie d’une visite guidée passionnante dans le Nightside, où seul le langage est fleuri. On y découvre ses fréquentations atypiques, comme Alex le barman, Eddie le rasoir ou encore Suzie la mitraille ! Mais John Taylor n’est pas là pour s’amuser, et le lecteur suit ses investigations pour le moins déroutantes afin de retrouver une jeune fugueuse. Il est accompagné de la mère de cette dernière, femme aussi riche que dédaigneuse, aussi courageuse que déconcertée par la découverte de cette effrayante cité. Sa présence renforce le sentiment que l’auteur a puisé dans le polar pour développer son intrigue. Le style de l’auteur est direct et son sens de la formule, s’il n’est pas follement original, fait toujours son petit effet.

Vieux démons est un roman captivant, fort d’un personnage principal bien écrit et nimbé d’une aura de mystère, évoluant dans une cité aussi fascinante que dangereuse. Un de ces romans rythmés que les amateurs de littérature de l’imaginaire apprécieront.

 

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