Le livre des morts, de Glenn Cooper

New York, Mai 2009. une série de morts inexplicables fait les gros titres. Rien ne semble relier les victimes, ni leur vie ni les circonstances de leur décès. Rien, sinon une carte postale de Las Vegas, qu’ils ont tous reçue. Une carte postale avec une simple date. celle de leur mort … Will Piper, profiler au F.B.I, n’a jamais rien connu de tel. Commence alors pour lui un véritable casse-tête pour mettre le doigt sur la plus invraisemblable des vérités : tout serait-il écrit à l’avance ?

Le livre des morts raconte les investigations de l’agent du F.B.I Will Piper, chargé d’enquêter sur des morts mystérieuses. L’intérêt de l’histoire est de relier autour d’une même enquête trois époques : le VIIIème siècle, les années quarante de l’après-guerre, et aujourd’hui. La difficulté rencontrée par l’auteur est de parvenir à captiver également, quelle que soit la ligne temporelle choisie. Si la vie monacale qui façonne la séquence moyenâgeuse fascine, celle qui met en scène Winston Churchill et le président Truman laisse de marbre (bien que le retour sur les fouilles archéologiques s’avère réussi). La partie contemporaine constitue quant à elle l’essentiel du récit, et demeure efficace, malgré quelques clichés trop souvent éculés au fil des ouvrages, comme l’agent du F.B.I proche de la retraite, donc forcément bougon et blasé, qui préfère la compagnie d’un verre de whisky à celle des gens (sauf si c’est une femme). C’est finalement sa partenaire Nancy Lipinski qui apporte un peu de fraîcheur au duo, en dépoussiérant le mythe de l’agent féminin, bien loin du modèle aux mensurations parfaites et sûre d’elle même. C’est à son contact que le personnage de Will Piper prend de la consistance, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Le livre des morts peine parfois à trouver sa voie, coincé quelque part entre intrigue policière conventionnelle et ésotérisme. L’auteur ne se prononce jamais clairement ni pour l’un, ni pour l’autre, et c’est paradoxalement ce qui fait la singularité de ce livre, oscillant entre les genres au gré des époques racontées. Glenn Cooper n’en fait jamais trop, ce qui lui permet de s’en sortir dans ce difficile jeu d’équilibre. Et si le lecteur ne croule pas sous le poids du mystère, il parcourt les pages sans ennui. Car on se rend compte que malgré tout, on enchaîne les pages sans temps mort. Reste donc le sentiment d’avoir lu une bonne histoire, bien écrite, mais qui se révèlera (à mes yeux) en deçà des espérances suscitées par l’engouement général.

Ne vous y trompez pas, Le livre des morts est un bon roman. Pour moi, il a juste souffert d’une attente démesurée au regard de ce qu’il propose. La surprise viendra peut-être de sa suite, sobrement intitulée Le livre des âmes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s