Man of Steel : Une question de steel

Man of steelLa planète Krypton est au bord de la destruction. Afin de préserver leur nouveau né, Jor-El et sa femme Zara parviennent à l’envoyer dans l’espace en direction de la Terre. Adopté par un couple de fermiers du Kansas, les Kent, il apprendra les valeurs qui feront de lui le plus grand héros que le monde ait connu : Superman.

Réalisation : Zack Snyder – Casting : Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon, Russell Crowe, Diane Lane, Kevin Costner, Lawrence Fishburne – Année : 2013 – Durée : 143 mn

Mon avis : Dire que j’attendais fébrilement ce Man of Steel est un euphémisme. Excité au possible, et en même temps empli de craintes, c’est dans un état second que je vécus la seconde ou la salle devint obscure pour laisser apparaître le logo Warner … Pas loin de deux heures trente plus tard, je n’ai pas vraiment changé. J’ai vu Superman au cinéma, puissant, héroïque, et pourtant …

L’histoire, tout le monde la connaît (même ma femme, c’est dire !). La planète Krypton est sur le pont d’être détruite lorsque deux parents parviennent à évacuer leur nouveau né à bord d’une navette spatiale. L’engin s’écrase sur Terre, où l’enfant est recueilli par les Kent, un couple de fermiers. Les parents adoptifs inculquent à leur fils le sens de l’honneur, de l’honnêteté, de générosité et de bravoure qui feront de lui le super héros connu sous le nom de Superman. Le succès des films du genre superhéroïque au cinéma et les effets spéciaux toujours plus impressionnants donnaient l’occasion aujourd’hui de livrer une version modernisée d’un personnage vieux de 75 ans (quand même). Kal El débarque donc sur notre planète aujourd’hui, voyons donc voir quel accueil nous autres terriens allons lui réserver. Comment se faire accepter ? Quel statut acquérir ? Autant de questions que se sont posés de nombreux auteurs des dernières années (Millar, Waid) et qui jalonnent un parcours initiatique qui constitue la première partie du film, à vrai dire la mois réussie.

Superman spirit

A vouloir trop se différencier de tout ce qui a été fait auparavant (exit le générique historique de John Williams), Zack Snyder agace (même ma femme l’a remarqué c’est dire !). Bien sûr, la trame générale est respectée. Dès la séquence d’ouverture, on sent une volonté trop affichée de se démarquer. Certes, il fallait justifier le choix du méchant de service, le général Zod. Puis on découvre le parcours de Clark Kent / Kal El / Superman (pour les martiens qui ne connaissent pas la triple identité du bonhomme). La première partie est alors rythmée par des flashback qui interviennent aussi subtilement qu’un cheveu sur la soupe. Dommage, car ils y perdent tout impact émotionnel. Seuls le flashback final et la mort de Jonathan Kent (pour le coup judicieusement différente) s’avèrent particulièrement réussis.

Arrive donc le moment tant attendu où le kryptonien décide d’enfiler le costume qui l’immortalisera à jamais. Si les mauvais esprits se contenteront de relever la disparition du slip rouge, les autres remarqueront l’acteur derrière l’habit. Henry Cavill se révèle être un excellent choix pour incarner Superman. Au delà de son physique impressionnant (mesdames apprécieront), c’est son charisme qui fait mouche. L’acteur parvient à convaincre tout au long du film, autant lorsqu’il campe un Clark Kent à la recherche de son destin qu’en super héros repoussant ses adversaires lors de séquences d’action à couper le souffle. D’ailleurs, dans le genre spectaculaire, Man of Steel se pose là. On pensait avoir atteint des sommets avec Avengers, mais force est de constater que le film de Snyder lui tient la dragée haute. La séquence sur Krypton présage d’une explosion d’effets spéciaux ((les heureux possesseurs de lecteurs Blu-Ray et Home cinema se frottent déjà les mains). Il fallait bien çà pour être à la hauteur de Superman. Les séquences de destruction sont impressionnantes. Les combats opposants l’homme d’acier aux hommes de Zod ravagent tout. C’est à se demander comment il peut rester un parpaing debout de Smallville à Metropolis.

Pour en revenir au casting, le film de Zack Snyder bénéficie d’une distribution relativement prestigieuse pour ce type de films. Commençons par le complément indispensable à Superman, sa Loïs Lane. La journaliste est interprétée par Amy Adams, qui succède à Margot Kidder et à l’insipide Kate Bosworth. Son approche est fort heureusement plus fidèle à la première, qui avait su retranscrire le caractère effronté et casse-cou de la journaliste d’investigation du Daily Planet. Le rôle du méchant est ici confié à Michael Shannon. L’acteur s’avère convaincant en général Zod, le rendant crédible pour ce qui est d’affronter Superman. Le choix de ce personnage participe là aussi à la volonté de se démarquer des opus précédents, qui de toute façon n’avaient rien compris au personnage de Lex Luthor (malgré Gene Hackman). Russel Crowe fait du Russell Crowe, à savoir regard ténébreux et sourcils de chien battu, mais il le fait bien. Kevin Costner campe un très bon Jonathan Kent, de même que Diane Lane en Martha Kent, malheureusement desservie par de trop rares apparitions et des flashback mal amenés. Quant à Laurence Fishburne dans le rôle du rédacteur en chef du journal, on peut dire que le black fait le bon White.

J’en arrive enfin au point le plus controversé du film à mes yeux : l’interprétation du personnage de Superman. A l’instar d’un Batman, la carrière de l’homme d’acier est longue. Il a été sujet à de multiples versions, de héros bondissant luttant contre le crime organisé au super héros repoussant les attaques extraterrestres, jusqu’à devenir une figure mythologique. C’est ce dernier aspect du personnage qui est au coeur du film. Magnifié sur papier par des auteurs ou artistes comme Alex Ross, Mark Millar, Mark Waid, Grant Morrison ou Frank Quitely, il est ici filmé par Zack Snyder. Le réalisateur a su retenir ses envies parfois insupportables de ralentis / accélérations (300, Sucker Punch) pour retrouver le niveau qui était le sien sur des films comme L’armée des morts ou Watchmen (voire La légende de Ga’Hoole). Le metteur en scène est d’ailleurs très à l’aise sur les séquences d’action, et est capable de fulgurances dans l’émotion, mais certains de ses choix dans la construction de son film ne m’auront pas convaincu (notamment lors de la première partie, et au sujet de ce qui va suivre). Une marque de fabrique chez le réalisateur, qui jongle en permanence entre les deux, mais sacrifie souvent l’émotion au divertissement.

La dimension divine que peut acquérir Superman est ici caricaturée par des détails (il a 33 ans l’âge d’un certain Christ) et par des répliques lourdes assorties postures exagérées. Une scène en particulier retiendra l’attention. Alors qu’il s’apprête à sortir du vaisseau de Zod, Jor-El encourage son fils avec un  » Tu peux la sauver. Tu peux tous les sauver ». Réplique à laquelle le fils répond en se laissant tomber dans l’espace en position de croix … (çà, c’est pour enfoncer le clou avec une mini-pelle). Ce qui m’a gêné, c’est que Superman ne se révèle au monde que parce qu’il y a une menace d’ampleur. Alors effectivement, Clark Kent joue parfois au héros anonyme pour éviter des catastrophes (la séquence de la plateforme pétrolière). Mais on aurait aimé qu’il alimente la polémique chez les humains AVANT l’arrivée de Zod. Certains d’entre nous l’auraient craint, d’autres l’auraient encouragé. Les journaux comme le Daily Planet écriraient sur lui quand les flash info montreraient des images floues d’un bleu qui intervient pour éviter un accident ou interrompre un braquage. On aurait alors eu droit à des débats entre scientifiques et religieux. Le mystère que représente le personnage et les questions que son existence soulève aurait apportés plus de profondeur au film. Tout ceci est évacué, sauf au sein de l’armée, toujours méfiante. Superman apparaît d’emblée comme un héros aux yeux du monde, et on a le sentiment que le film passe en partie à côté de son sujet.

Man of Steel n’est pas une déception. C’est même une franche réussite quand on le prend pour un film spectaculaire. C’est donc un très bon divertissement, mais dont l’amoureux de l’homme d’acier que je suis aurait aimé qu’il soit un peu plus profond et subtil dans l’approche du personnage pour qu’il atteigne le statut de chef d’œuvre. Ce qui n’empêche pas Chuck Norris d’y apposer son tampon. Superman quoi ! Faut pas déconner !

En cadeau bonus, voici un fan film découvert à l’époque chez Katchoo, créatrice du site The Lesbian Geek, dont la réputation n’est plus à faire. Certes le plan final est en images de synthèse, mais franchement, l’esprit du personnage est respecté !

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