Mikros archives T.1 : Titans microcosmiques

Mike Ross, Priscilla Conway et Bobby Crabb sont entomologistes à l’université d’Harvard aux U.S.A, mais aussi athlètes de niveau olympique. Ils mènent une existence trépidante qui les conduit tour à tour de leurs laboratoires de recherche aux stades du monde entier, jusqu’au jour où ils sont kidnappées par les troupes avancées d’une race insectoïde extraterrestre,les Svizz, bien décidés à envahir la Terre. Les trois scientifiques sont alors victimes d’une expérience qui les transforme en superhéros microcosmiques dotés de fabuleux pouvoirs, grâce auxquels ils vont tenter de déjouer les plans des belliqueux Svizz.

Mikros archives tome 1 contient les épisodes de la série Mikros #1-13 scénarisés par Jean-Yves Mitton et Marcel Navarro, et dessinés par Jean-Yves Mitton.

Attention, avis non objectif ! Mikros archives, c’est avant tout le parfum d’une époque, celle où les dieux se nommaient Strange, Goldorak et Dorothée. Porter un regard trop adulte serait inapproprié. Cette intégrale est faite pour remettre les superhéros Made in France sur le devant de la scène, et il est vrai qu’il sera plus facile aux lecteurs plus anciens de replonger dans le contexte. Les plus jeunes d’entre nous découvriront quant à eux des comics issus du pays du fromage, à la fois délicieusement kitsch et marquée par les 80’s.

Une fois que l’on tient dans ses mains l’album cartonné aux couleurs criardes, vient le moment tant attendu où on se décide à l’ouvrir. Et là, stupeur (pour ceux qui n’étaient pas au courant) : les pages sont en noir et blanc. Arrêt sur image. Certains commentateurs sur le net s’insurgent contre l’absence de couleurs, et gnagnagna … Il faut savoir (quand même) que cette réédition en intégrale a pu se faire à partir des planches originales de Jean-Yves Mitton … sans couleurs. Plutôt que de se plaindre, pourquoi ne pas simplement profiter du trait de l’artiste, mis en valeur, en plus de tout bonnement retrouver un héros de son enfance (tout le monde n’a pas la chance de posséder les exemplaires colorisés d’époque ou des rééditions Sang d’encre). D’autant plus que ça renforce un peu le côté (trop) lointain de mon enfance (c’est une appréciation personnelle).

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Allez, on se concentre sur l’essentiel, à savoir les aventures des sup’héros Mikros, Saltarella et Crabb. Quel plaisir (encore aujourd’hui) de retrouver le ton particulier de la série de Mitton ! La première partie est marquée par la présentation caricaturale des trois personnages principaux, surdoués dans tout ce qu’ils touchent. Les clichés y sont tellement gros qu’ils vous aveuglent. De création franchouillarde, les héros évoluent aux States, preuve s’il en est que les superhéros sont vraiment l’apanage des américains quand bien même certains seraient d’origine européenne. A tel point que les créateurs arborent d’ailleurs fièrement les pseudonymes de John Milton (Mitton) et Malcolm Naughton (Navarro). C’est là que le charme agit. Quand Mitton s’adresse directement au lecteur en citant des expressions bien françaises comme « fan de super héros » « fan de Mustang »,  » si après çà tu n’essuies pas une larme, c’est que tu es un Svizz », ou le fameux « Lecteur ! Tandis que tu remplis le réservoir de ta Honda, ta Kawa .. ou ton vélo Solex avec du raffiné à 3,50 (francs) le litre ». L’album regorge d’encadrés interpellant le lecteur. Au delà du fait que malgré un média et une situation géographique américains, les auteurs s’adressent clairement à un public francophone, le procédé fonctionne à plein et instaure une vraie dynamique aux aventures de Mikros.

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Mitton va jusqu’à se mettre en scène avec son compère Marcel Navarro dans une deuxième partie ou Mikros bascule dans le fantastique. Le premier épisode de cette phase (le neuvième de l’album) est ahurissant, puisque centré sur les deux auteurs, le trio de sup’héros n’apparaissant que sur une planche ! Un épisode très réussi et osé, ou la fiction dépasse la réalité.

Mikros archives offre une plongée dans l’enfance (la lecture de Mustang et Titans) pour les uns, permet de découvrir un type de création atypique (les superhéros Made in France) pour les autres. Malgré le poids des années (et la supposée maturité qui va avec), le charme reste intact. Tout juste peut-on reprocher à Delcourt de ne proposer en annexes que les couvertures en noir et blanc, en omettant quelques numéros.

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