Fatale T.2 : La main du diable

Los Angeles, années 1970. malgré tous ses efforts pour rester discrète, Josephine a bien du mal à se cacher des cultes sataniques et des collectionneurs malsains de films louches qui agissent dans l’ombre d’Hollywood. et lorsqu’un pseudo acteur et sa petite amie blessée croisent son chemin, ses vieux démons ressurgissent et se propagent jusqu’à atteindre un Nicolas Lash encore fragile …

La main du diable contient les épisodes U.S  Fatale Book Two : The devil’s business #6-10 scénarisés par Ed Brubaker et dessinés par Sean Phillips.

Avant que tu ne t’affoles, rassures toi, je ne me livrerai pas au même exercice que lors de la critique du premier tome. Je veux bien t’imposer une purge une fois, mais pas deux. Je ne suis pas vache à ce point là. Après une première intrusion dans le Noir Comics version Brubaker/Phillips, voici que je n’ai pas tardé à me replonger dans l’univers du polar lovecraftien de Fatale. A la croisée des genres, La main du diable nous entraîne une nouvelle fois dans les tréfonds de l’âme américaine, cette fois celle du cinéma des 70′s. Industrie cinématographique d’un genre particulier, où se côtoient acteurs drogués, producteurs sans scrupules, putes et snuff movies. Les années cinquante sont derrière, et désormais, la décadence et le vice s’affichent au grand jour.

Voilà pour le tableau général. Pour le reste, on est en terrain connu. On retrouve donc la sulfureuse Josephine recluse dans une villa luxueuse, Nicolas Lash l’amoureux éperdu contemporain, ou encore feu M. Bishop, démon réincarné cette fois en gourou religieux répondant au doux surnom de Hans. Les agents de la secte (qui s’est étendue) explore la moindre piste menant à Jo, et traque tous ceux qui ont croisé sa route. Quant au pigeon transi d’amour pour la belle, qui s’enivre de passion jusqu’à en boire la tasse (au sens propre comme au figuré), le rôle est dévolu à Miles, acteur raté qui a le physique du Robert Redford d’antan. Malgré des codes du genre éculés, Brubaker écrit si bien ses personnages et maîtrise tellement le dosage entre thriller et ésotérisme, qu’encore une fois, ça fonctionne à plein.

L’ambiance est sensiblement différente du premier, dont l’époque collait merveilleusement à l’aspect Noir du récit. Ici, part belle est faite à la décadence. L’album dispose ainsi de couleurs un petit peu plus variées (à défaut d’être chaudes), s’éloignant (très) légèrement du ton visuel de La mort aux trousses. La différence est ténue pour ne pas nuire à l’homogénéité des planches entre les deux tomes, mais suffisamment pour que la forme s’accorde au fond, à l’Amérique délurée des 70′s.

La main du diable est une suite irréprochable. Le tandem composé de Ed Brubaker et Sean Phillips (Criminal, Incognito) fait référence dans le domaine des Noir Comics, dans lequel Fatale marque par sa singularité. A la croisée des genres, la série te plongera dans le sillage de Josephine, jusqu’à ta perte.

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