Les dossiers de Hellblazer : Mauvais sang

Victime d’un accident de la route, John Constantine est envoyé à l’hôpital le plus proche où il subit une transfusion. Malheureusement, lorsque ses médecins peu scrupuleux découvrent les propriétés dévastatrices de son sang mêlé, mi-humain mi-démoniaque, ils décident de s’en servir comme arme bactériologique sur leurs patients. Avec l’aide d’une séduisante infirmière, Constantine se lance à la poursuite des cobayes de ce « mauvais sang ».

Les dossiers de Hellblazer T.1 : Mauvais sang contient la mini-série City of Demons, scénarisée par Si Spencer et dessinée par Sean Murphy.

Voici enfin ma première réelle incursion dans l’univers de John Constantine. Il faut dire que ça faisait un moment que je voulais le rencontrer, ce personnage là. J’ai franchi le pas et ai donc obtenu un rendez-vous avec lui, dans un café, non loin de chez moi. L’homme se présente en imper, dissimulant à peine une cravate mal ajustée et une chemise légèrement débraillée. Mal rasé, Il se moque de son apparence. C’est une sorte de privé usé, fumeur invétéré de surcroît, qui enquête dans le domaine particulier du surnaturel. Dans son regard, on devine qu’il en a trop vu, en tout cas bien plus que ce que nous pouvons imaginer, et de sa bouche se déverse tout le cynisme et la vulgarité du mercenaire qui a traîné sa carcasse sur de nombreux champs de bataille. John Constantine nous protège, et tant pis si Dieu n’a que lui sous le coude parmi les hommes, c’est comme çà, et pas autrement.

Une fois les premiers usages expédiés (lui ne s’embarrasse pas de subtilités), l’homme me raconte avec une pointe de lassitude que les démons sont parmi nous, et depuis le début. Lui est là pour les renvoyer à la maison, comprendre en enfer. Il l’a déjà visité, et ce n’est pas exactement ce qu’on imagine, nous les ignorants. C’est pire. Je me demande si le gars est sain d’esprit lorsque la serveuse dépose sur la table deux tasses de café, noirs, bien serrés. Mon regard s’évade discrètement vers le décolleté de la belle, puis évalue la justesse de sa mini-jupe alors qu’elle s’éloigne. Constantine, sourit, il remarque tout. Il me dit juste en passant qu’entre les cuisses de la belle se cache une paire de mâchoires bien décidées à m’arracher le bout de chair que je ne voudrais surtout pas voir souffrir si d’aventure je tentais d’explorer la zone. Les démons sont parmi nous, et putain, ils sont vachement proches ! Il me raconte alors son accident de voiture récent, son entrée au services des urgences de l’hôpital St Barth et du prélèvement sanguin qui allait foutre un sacré bordel.

Les faits ont été relatés avec brio par Si Spencer. L’histoire est particulièrement sombre et violente, ce qui coule de source quand on sait quelles forces sont en présence. Constantine me raconte sans gêne ses méthodes douteuses, avec ses mots à lui, loin d’être poétiques. En enchaînant les clopes comme Ségolène enfile les perles, il me raconte une histoire qui n’est pas faite pour endormir les enfants. L’homme est sans scrupules, direct. Il faut dire que lutter contre les démons, çà endurcit un homme. Et tant pis si les gens ne s’en accommodent pas. Son apparence d’ailleurs reflète bien le personnage. Il a attiré le regard de l’artiste Sean Murphy, au style sec et nerveux, brut de décoffrage. Le temps de me rapporter ce qui s’est passé à St Barth qu’il me quitte sans ménagement, disparaissant d’un coup, ne laissant derrière lui que des volutes de fumée et des cendres de cigarette. Avec tout ce qu’il m’a révélé, la seule réflexion qui me vient à l’esprit est la suivante : c’est un miracle qu’il ne soit pas mort d’un cancer des poumons …

J’ai  les archives et retrouvé ce dossier, publié chez l’éditeur Urban. Non seulement, j’y ai retrouvé l’intégralité des faits relatés par Constantine, mais également un récapitulatif de sa (déjà) longue carrière. J’y ai appris l’essentiel, du moins les très grandes lignes. A moi d’approfondir mes connaissances, en espérant que l’éditeur lui-même reprendra ce qui a été fait jusqu’à présent sur le personnage, et se chargera de nous raconter la suite. Parce  qu’on marche au bord du gouffre sans même s’en rendre compte, et qu’on n’a pas mieux qu’un John Constantine pour nous éviter de tomber. De quoi se faire du mauvais sang.

Les dossiers de Hellblazer t.1 : Mauvais sang s’avère une très bonne entrée en matière, accessible pour celui qui voudrait découvrir le personnage. L’histoire est très bien ficelée et les dessins sont immersifs.On plonge dans cette atmosphère sombre et poisseuse en compagnie de ce détective exorciste haut en couleurs. Hellblazer, c’est de l’excellent thriller ésotérique, avec des démons, du sang, des clopes et même des seins. Je vous l’ai dit, ce n’est pas une histoire à raconter aux enfants.

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