Photonik, intégrale T.1

Photonik

Un mystérieux bâtiment surplombe la ville. A l’intérieur, un redoutable despote, Le Minotaure, qui décide d’asservir l’humanité en annihilant sa conscience. Les humains semblent perdus, mais trois d’entre eux sont insensibles et vont se dresser face à lui. Le Docteur Ziegler, puissant télépathe, le jeune Tom Pouce, petit Robin des bois insouciant, et Thaddeus Tenterhook. Ce dernier, agent d’entretien bossu, vient tout juste d’être victime d’un accident en étant exposé aux particules du luminotron. Il devient alors  … Photonik.

@CBS

Lundi dernier, j’ai voyagé dans le temps. Je suis redevenu ce garçon trépignant d’impatience alors que le vendeur du kiosque à journaux prenait tout son temps pour lui rendre la monnaie et lui tendre son exemplaire de Mustang, puis plus tard de Spidey. Point de commerçant ce coup-ci, mais un facteur. Point de monnaie mais un colis, surprotégé, comme si les couches de journaux et de papier bulles jouaient malicieusement à la poupée russe. Puis vint la lumière : les mains tremblantes, j’hésitais même à le saisir, l’excitation se disputant à la peur de souiller un tel objet. Puis je le tenais enfin. Photonik. Le premier tome de cette belle intégrale limitée et concoctée par l’éditeur Black & White est mien.

@CBS

Photonik est un de ces fameux sup’héros, ces personnages nés de l’imagination d’auteurs européens, pourtant issus du folklore super héroïque américain. En compagnie de son confrère de parution, Mikros, il partageait le haut de l’affiche avec les Quatre Fantastiques, L’incroyable Hulk et L’homme araignée. Avec ces derniers, il partage jusqu’aux origines. Thaddeus Tenterhook est une sorte de Peter Parker, un  physique disgracieux à l’intelligence non reconnue et une bosse moquée. Un concours de circonstance va le conduire au mauvais endroit au moment. Enfermé dans la même pièce que le luminotron, il sera victime de sa surcharge. Son corps est alors chargé de photons (d’où son nom). Thaddeus se transforme alors pour devenir le héros de lumière, Photonik.

@CBS

Pour ceux qui ont vécu sa publication, relire Photonik aujourd’hui, c’est voyager dans le temps. Cette impression est accentuée par le fait que l’album, volumineux, est en noir et blanc. Ce choix a été dicté par des impératifs économiques et logistiques. Ce fut d’ailleurs le cas pour la réédition de l’intégrale de Mikros. L’intégralité des planches conservées par Ciro Tota étaient en noir et blanc, et un travail de colorisation aurait été trop long et fastidieux (Photonik, c’est deux volumes de 600 pages chacun), en plus d’un troisième inédit à venir) en plus d’entraîner un réel surcoût. Si ce choix peut déconcerter certains, je considère pour ma part que ce parti-pris permet de profiter pleinement du trait de l’artiste, clair et fin, les planches restant parfaitement lisibles. Puis, l’éditeur s’appelle Black & White😉 En parcourant les pages, on redécouvre avec plaisir, nostalgie et le sourire au coin des lèvres l’aspect exagéré et en même temps profondément humain de l’histoire, ponctué de mots anglo-saxons (« les cops« ). Ces détails marquaient une identité propre par rapport aux autres productions européennes, en même temps qu’un hommage appuyé à ce courant de la bande dessinée venue d’Outre Atlantique. Aujourd’hui, on dirait que c’est touchy.

@CBS

Une des grandes idées de cette intégrale, c’est la présence systématique des quelques phrases d’introduction de Ciro Tota à chaque épisode, illustrant en quelques lignes un instantané de l’époque, qui mis bout à bout constituent une fascinante rétrospective sur l’évolution de la bande dessinée Photonik. Chaque épisode est présenté avec sa couverture, à laquelle succède ces fameux prologues de deux pages. Puis on (re)découvre l’épisode proprement dit … L’album est classieux et imposant à la fois. Il propose une pagination de 623 pages, commençant par une préface signée Ciro Tota. Les épisodes couvrent la période s’étalant de 1980 à 1982, avant de laisser la place à une galerie d’illustrations d’artistes rendant hommage au personnage, un vrai faux courrier des lecteurs et des croquis de Ciro Tota. Ajoutez à cela quelques cadeaux, comme un marque pages, un dessin cartonné, ainsi qu’une planche en noir et blanc accompagnée de son calque de colorisation (vous pouvez voir tout çà ici).

En guise de conclusion, je vais dresser trois remerciements. A l’éditeur Black & White, pour cette excellente initiative d’une part, et la qualité de l’objet d’autre part. Le travail éditorial est vraiment à saluer ! A Ciro Tota, pour son travail, beau, sincère et généreux. A Photonik, enfin, pour la lumière qui a éclairé une partie de mon enfance. Lumière qui brille de nouveau, depuis Lundi dernier.

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