Le dernier bastion T.1 : Rempart, d’Adam Baker

Le-dernier-bastionLe rempart de Kasker : une plate-forme pétrolière laissée à l’abandon dans l’océan arctique, surveillée par une équipe de quinze permanents luttant contre l’ennui et la dépression dans l’attente de la relève. Mais au delà du cercle polaire, le monde a basculé dans le chaos. Une pandémie meurtrière s’étend à l’échelle planétaire. Peu à peu, le silence envahit les ondes, les chaînes de télévision meurent une à une, et l’équipage perd lentement tout contact avec la civilisation extérieure. Prisonniers de la banquise et désespérés, ils devront trouver un moyen de s’échapper de cet enfer de glace avant de succomber à la famine ou à l’hypothermie. Mais ils ignorent que la contagion meurtrière qui a ravagé la civilisation se dirige droit sur eux …

Dans le catalogue apocalyptique de Panini Books, voici le premier roman d’Adam Baker (trois autres ont suivi depuis, pas encore traduits). Ce qui m’a amené à le lire tient moins (une fois n’est pas coutume) à l’invasion de zombies qu’à son environnement : une plateforme pétrolière exilée dans un monde de glace. Et force est de constater à la lecture de ce livre que ce choix était le bon. En effet, ce qui capte le lecteur, c’est le mode de (sur)vie de ces ouvriers coupés du monde, plus encore que le danger auquel ils vont être confrontés. A ce propos, le terme de zombie porte à discussion. Les infectés ne sont pas (immédiatement) décérébrés (l’auteur narrant certains chapitres de leur point de vue), et leur métamorphose est plus d’ordre organique que physiologique. Le prédateur est donc (parfois) capable de réfléchir, et ça peut changer beaucoup de choses.

Alors, Rempart, c’est juste 28 jours plus tard au pays de The thing ? Pas seulement. Parce que les personnages sont bien écrits, que leur univers (le pétrole et la glace) paraît très documenté (et donc crédible). L’auteur instaure ainsi des relations complexes entre les différents protagonistes, où les liens d’amitié et de solidarité se disputent à la brutalité et au chacun pour soi. Tant et si bien que l’atmosphère est déjà bien pesante avant même l’apparition des premiers infectés. Leur arrivée va (forcément) causer bien des soucis à ce petit groupe de survivants, et en révéler les caractères. On reste malgré tout en terrain connu, mais dans un cadre finalement peu exploré dans ce genre de romans (on est bien loin des métropoles surpeuplées). En choisissant pour personnage principal une femme obèse, Adam Baker rappelle le choix, plus provocateur, de Roméro pour sa Nuit des morts vivants (un afro américain en 1968). Le schéma reste le même : le membre de la minorité socio-culturelle, inconsidérée des autres, deviendra le maillon fort du groupe. Les références sont là (impossible d’y échapper) mais font mouche, encore aujourd’hui.

Au final, Rempart s’avère être une lecture plaisante, qui suscite l’intérêt là où on ne s’y attend pas. Un roman postapocalyptique qui ne se contente pas de surfer sur la vague zombiesque initiée par le succès mondial de  The Walking Dead, mais qui ambitionne  de tracer sa propre route. A voir ce que la suite nous réservera !

 

Une réflexion sur “ Le dernier bastion T.1 : Rempart, d’Adam Baker ”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s