Celle qui a tous les dons, de M.R. Carey

Tous les dons ne sont pas une bénédiction. Chaque matin, Mélanie attend dans sa cellule qu’on l’emmène en cours. Quand on vient la chercher, le sergent Parks garde son arme braquée sur elle pendant que deux gardes la sangle sur le fauteuil roulant. Elle dit en plaisantant qu’elle ne les mordra pas. Mais ça ne les fait pas rire … Mélanie est une petite fille très particulière …

Mike Carey est un auteur bien connu des amateurs de comics, puisqu’il fut (entre autres) scénariste des X-Men. Il a également écrit sous le pseudonyme d’Adam Blake (L’évangile des assassins). C’est donc avec curiosité que je me suis lancé dans la lecture de ce roman post apocalyptique. Dans le futur, le monde a succombé suite à une contamination d’origine fongique, les victimes devenant des zombies avides de chair fraiche, justement surnommés les affams. L’histoire commence dans un centre de recherches, où les sujets d’éducation et d’expériences sont des enfants infectés, plus évolués que le reste de leurs congénères. Parmi eux, Mélanie, fillette de dix ans curieuse et intelligente, très attachée à une de ses enseignantes, Helen Justineau. On découvre un monde dévasté, où il est demandé à des enseignants de stimuler et développer l’activité cérébrale des enfants affams, où les scientifiques survivants n’hésitent pas ensuite à disséquer leur cerveau sous l’autorité du Dr Caroline Caldwell. Le tableau ne serait pas complet si tout n’était pas maintenu sous surveillance militaire, notamment celle du sergent Parks. Essentiellement placée du point de vue de Mélanie, cette première partie du récit se veut plus psychologique.

Le centre va bien évidemment être compromis, la faute à une menace autre que les zombies : les cureurs, survivants regroupés en bandes anarchiques et violentes. Les personnages principaux doivent alors prendre la route pour un road-movie apocalyptique, avec pour destination la ville de Beacon, dernier rempart de l’humanité situé dans une zone non infectée, dont personne n’a de nouvelles depuis des semaines. Si le lecteur est en terrain connu, l’auteur lui réserve quelques surprises. En effet, son histoire traite du zombie modifié, sous-catégorie du genre zombiesque, en vogue ces derniers mois (la série T.V In the flesh, le roman L’éducation de Stony Mayhall, le recueil de nouvelles L’armée des morts). L’originalité réside dans la jeunesse du personnage de Mélanie, et son innocence, puisqu’elle ignore tout de sa condition. L’évolution du personnage et les relations qu’elle entretient avec son entourage, et en premier lieu Helen Justineau, sont au cœur du récit. Ceux qui s’attendent à voir les tripes surgir des pages et le sang éclabousser leur marque-pages en seront pour leurs frais. A l’instar du roman La nuit a dévoré le monde, le récit de Mike Carey va au delà du genre dans lequel il s’inscrit. Pour autant, la tension est palpable et va crescendo jusqu’à la dernière partie du roman, dont le dénouement définitif marquera le lecteur.

Le livre de M.R Carey rentre dans la catégorie des romans zombiesques qui ont le potentiel pour séduire un lectorat plus large que les amateurs du genre. Par certains aspects, on pourrait le rapprocher de Les faucheurs sont des anges d’Alden Bell. qui ferait un bon complément de lecture à Celle qui a tous les dons, cette histoire d’une petite fille décidément bien étrange.

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