Walking Dead : Une autre vie – 22

L’apocalypse zombie a eu lieu. Sans prévenir. Seuls quelques petits groupes de femmes et d’hommes tentent de sauvegarder un semblant de civilisation, et surtout ce qu’il leur reste d’humanité, dans un monde où la seule règle consiste à survivre jusqu’au lendemain. Rick grimes est un ancien policier. Il dirige une communauté qui s’est organisée pour tenter de préserver ce qui commence à ressembler à une vie normale. ils se sont heurtés à une autre faction, dirigée par le terrifiant Negan, jusqu’à ce qu’une véritable guerre oppose les deux camps. Rick et les siens ont fini par gagner. La guerre est terminée. Le temps de rebâtie est venu … Walking Dead : Une autre vie contient les épisodes U.S Walking Dead #127-132 scénarisés par Robert Kirkman et dessinés par Charlie Adlard.

Voilà donc la fin du cycle de lecture consacré à Walking Dead, avec ce dernier tome paru en début d’année chez Delcourt. Si Robert Kirkman a clairement découpé sa série en chapitres distincts, marquant des fins de cycles aussi abruptes que cruelles (la prison, la guerre totale), il opère ici un redémarrage aussi salvateur qu’intéressant. En effet dès que le lecteur ouvre cet album, la première surprise de taille apparaît : fini le trombinoscope répertoriant les survivants. Ici, s’impose une double page précisant que des années ont passé, illustrée du portrait des personnages principaux. Les changements de look sont flagrants : Rick a vieilli et semble diminué, Maggie semble plus sûre d’elle-même et Carl a bien grandi …

Au fil des planches, le lecteur découvre une Alexandria (dirigée par Rick) et une Colline (dirigée par Maggie) qui ont bien changées. Bâtisses en bon état, artisanat et cultures florissants … Les deux communautés échangent, commercent, perpétuent ce qui reste de la civilisation. Il s’en dégage un sentiment de quiétude et de paix. Comme au Far West, les éclaireurs dévient les hordes de zombies afin de les éloigner des lieux de vie des survivants en même temps qu’ils sécurisent les routes reliant les deux communautés. A Alexandria, Carl a des velléités de départ pour s’installer dans la communauté voisine, afin d’apprendre le métier de forgeron. Rick accepte et laisse enfin son fils prendre son envol. Une grande étape pour eux.

Le tableau semble idyllique, mais on lit Walking Dead, et la vie y est tout sauf un fleuve tranquille. Kirkman introduit deux nouveaux éléments, qui, mine de rien, bouleversent un peu le statu quo. Un petit groupe de survivants intègre la communauté avec méfiance. Ces nouveaux arrivants ne sont pas sans rappeler le petit groupe de Rick lorsqu’il débarquait dans la communauté de Douglas Monroe (T.12). Lorsque le vernis est trop beau, il faut gratter dessous … Les rescapés ne se fient pas si facilement à leurs hôtes, et ce n’est pas la découverte d’un mystérieux prisonnier retenu captif dans un bâtiment à l’écart des habitations qui va apaiser la paranoïa ambiante. Kirkman place Rick (et Maggie) dans le rôle auparavant tenu par Douglas Monroe ou Ezéchiel, celui, non plus de leader d’un petit groupe de survivants (désormais dévolu à la  nouvelle venue, Magna), mais de chef responsable d’une communauté, adepte du vivre ensemble.

Kirkman adresse une piqûre de rappel au lecteur qui serait tenté, comme, les personnages, de baisser la garde. Lors d’un trajet, Rick et son fils sont attaqués par une poignée de zombies. La route devait être sécurisée par un patrouilleur, peu vigilant. L’équilibre est fragile, et la moindre erreur risque de se payer cash. C’est le moment pour l’auteur d’introduire un autre danger qui menace la communauté. Si le mystère semble s’épaissir au fil des planches, la sinistre vérité est révélée par un cliffhanger saisissant. Alors que certains lui reprochaient un léger essoufflement créatif avant les évènements liés à la guerre, Kirkman démontre qu’il ne s’endort pas sur ses lauriers et entraîne sa série vers de nouveaux horizons, qu’on imagine riche en rebondissements. D’un point de vue graphique, Charlie Adlard (désormais épaulé par le discret Stefano Gaudiano) assure le spectacle avec efficacité, et offre au lecteur de belles et régulières double pages, comme pour mieux illustrer cette autre vie.

Avec ce vingt-deuxième tome, la saga Walking Dead s’offre un nouveau départ, et s’appuie sur de nouvelles bases laissant entrevoir un grand champs de possibilités. Quelque chose me dit que Walking Dead est loin d’avoir livré toutes ses horreurs …

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